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Iti Manawa

Iti Manawa

Les périples océaniques d'Emmeline et Lionel à bord de leur voilier Iti Manawa


En août, notre première traversée !

Publié par Emmeline Moinier sur 13 Octobre 2014, 09:38am

En août, notre première traversée !

ça y est ! On lève l’ancre, enfin ! C’est inespéré ! Le dimanche 27 juillet 2014, à 11h20, on sort enfin du port de Bandol après plus de deux mois à quai ! Le vent est établi à 20-25 nœuds (50 km/h), des restes du Mistral des derniers jours, le bateau fuse et on est HEUREUX !!!

On passe le Cap Sicié, on arrive du côté de Porquerolles, incroyable le nombre de bateaux au mouillage, c’est terrible, on observe la situation, ébahis et surtout en espérant que le mouillage qu’on nous a conseillé, du côté de Bormes les Mimosas, sera plus tranquille !!

Le vent faibli en passant Porquerolles, en envoie alors le Spi, c’est le bonheur, il fait beau et chaud, et nous parvenons enfin dans cette adorable petite crique vers 18h, conseillée par Jean-Louis et Clau du ponton ! Il y a un peu de monde, on trouve une jolie place, on met l’ancre et on va piquer une tête ! Au large, tous les bateaux rentrent au port dans un manège incessant…. Puis ça se calme peu à peu, tous les bateaux autour de nous lèvent l’ancre et nous nous retrouvons seuls, face à la colline pour savourer enfin notre première nuit à bord de notre maison flottante !

Le matin, l’eau est limpide, on plonge pour se réveiller, quel plaisir ! J’enfile un masque et des palmes à la découverte des fonds marins, des poissons et autres créatures aquatiques. Quant à Lionel, il s’attèle au nettoyage de la coque en vue de préparer le bateau au « carénage » à notre retour (sortir le bateau de l’eau pour nettoyer la coque des algues et coquillages accrochés, et passer une couche de peinture protectrice afin de préserver le bateau de l'accrochage de coques et autres parasites).

Passage à proximité de Porquerolles, au portant
Passage à proximité de Porquerolles, au portantPassage à proximité de Porquerolles, au portant

Passage à proximité de Porquerolles, au portant

Anse de Gau, notre première nuit au mouillage
Anse de Gau, notre première nuit au mouillage

Anse de Gau, notre première nuit au mouillage

Puis nous levons l’ancre direction la Côte d’Azur où nous devons récupérer les paddles et pique niquer avec les copains Niçois. Un bulletin météo spécial est diffusé à la radio VHF, il annonce un coup de vent fort pour le secteur. En effet, on observe les moutons sur la mer qui tentent de rattraper notre bateau mais ils restent tout de même à distance respectable (et c’est bien comme ça !!).

On passe au large de Saint Tropez et du Cap Camarat, et là soudain, des dauphins viennent jouer à l’étrave ! c’est magique, on met le pilote automatique et vient les observer à l’avant ! Ils sautent dans les vagues et se tournent sur le côté pour bien nous voir, une bouffée d’émotions m’envahit tout à coup ! Voir enfin cette vie aquatique dans laquelle baigne notre bateau, la mer est vivante et elle est peuplée de milliers d’espèces qui protégeront Iti Manawa ! Le début de notre nouvelle vie, enfin !

L’arrivée du côté de Saint Raphaël nous rappelle brusquement à l’autre réalité de la mer : oui elle est vivante, mais parfois un peu trop et elle se charge de nous le rappeler !! En effet, des rafales viennent chahuter notre voilier le long des côtes… On prend un ris et on change la voile d’avant pour le stabiliser et le maitriser davantage…

Passage de Saint Tropez, arrivée du côté de Saint Raphael
Passage de Saint Tropez, arrivée du côté de Saint RaphaelPassage de Saint Tropez, arrivée du côté de Saint Raphael

Passage de Saint Tropez, arrivée du côté de Saint Raphael

Nous arrivons à Théoule dans les Alpes Maritimes, un mouillage bien abrité même si le lieu n’est pas aussi idyllique que la veille, que nous sommes un peu serrés dans cette petite face à la voie ferrée… Nous gonflons l’annexe et nous nous rendons au pique-nique sur la plage avec les copains Niçois (il fait bien froid pour un mois de juillet !), tous assis face à notre Iti Manawa. D’ailleurs, tout le monde aura le privilège de faire un tour d’annexe pour monter à bord, visiter notre palace (heuu) et prendre un dernier verre !

Dans la rade de ThéouleDans la rade de Théoule

Dans la rade de Théoule

Mardi 29 juillet 2014

Le lendemain, après une séance de natation pour Emme, un peu de carénage pour Lio, l’achat de quelques fruits et légumes et surtout d’un bon pain de campagne, on se prépare doucement à « traverser ».

Je me lance dans la cuisine, je nous prépare une quiche à la carotte que nous serons bien contents de trouver à notre arrivée en Corse… Le temps semble calme, on vérifie la météo, il y a toujours un Bulletin Météo Spécial qui annonce un coup de vent, ce qui nous surprend un peu… Je nous prépare donc deux petites salades « fraicheurs » individuelles à manger en navigation, peu après notre départ…

J’étais loin de m’imaginer ce que très chère Mer Méditerranée nous avait réservé… En effet, passé la pointe, le vent s’est levé, assez fort… Ouh, surprenant tout de même… J’ai mis ça sur l’effet de cap (souvent, les conditions sont plus musclées lorsqu’on passe un cap –cf. le Cap Horn) en me rassurant « ça va passer, ça va se calmer »…

Eh bien non, bien au contraire… Plus nous avancions, plus le vent forcissait… Bah oui, en même temps nous étions partis sous BMS, les prévisions s’avéraient donc justes… Pas le temps de dérouler le génois, juste grand-voile haute et Iti Manawa fusait déjà pas mal !! Une mer qui bougeait bien, le bateau gitait fort, la baume a plongé à plusieurs reprises dans les vagues…

Moi je n'étais pas bien rassurée, surtout que les vagues venaient de temps à autre nous asperger dans le cockpit… Lionel me conseille donc d’aller enfiler une salopette, une veste de quart (étanches), des bottes et un gilet… Je descends donc péniblement les quelques marches, un parcours acrobatique lorsque le bateau gîte à ce point-là ! Puis j’atteins difficilement mes vêtements étanches que j’enfile péniblement pour la première fois… Appuyée contre la porte de la salle de bain, cette dernière s’ouvre d’un coup sec et je tombe alors durement par terre, j’en suis sonnée tellement le choc est violent… Une douleur m’irradie le bas du dos (tiens, ça me rappelle bizarrement une chute de cheval néozélandaise), Lionel s’inquiète de ne plus me revoir remonter sur pont… Je parviens à me relever tant bien que mal et grimper les marches… J’explique ma chute à Lionel et on se demande sérieusement s’il n’est pas plus prudent de faire demi-tour pour aller consulter aux urgences car les douleurs irradient mon ventre à présent…

Mais non, finalement il décide qu’il est temps de manger notre petite salade, histoire de nous requinquer, boire un coup d’eau avant toute prise de décision hâtive… Je commence à aller mieux même si la douleur est présente, Lionel décide de me faire prendre un peu la barre, histoire d’apprendre à gérer le bateau dans des conditions « musclées ». C’est à la fois amusant, fascinant et impressionnant ! Mais au fond de moi, je me dis quand même que 24 heures comme ça, ça risque d’être un peu trop « sport »pour moi. Lionel semble ravi, le bateau marche bien, il fuse même sous ORC (une voile d’avant de taille moyenne), il surfe sur les vagues. La barre est tout de même physique à manœuvrer, je fatigue vite, j’ai besoin de pauses régulières dans ces conditions…

Je tente tout de même de servir un verre de jus de fruits à Lionel… Je descends donc à la « cuisine » et là, au moment d’ouvrir le placard où se trouve la vaisselle (rassurez-vous, en mélanine) j’ai droit à une attaque d’assiettes !! Au moment d’ouvrir le placard, toute la vaisselle vole à travers le bateau en manquant de m’éborgner ! Et oui, le bateau gitait vraiment TRÈS fort et j’ai été surprise… Bref, on ramassera tout ça arrivés en Corse !

Puis avec la tombée du jour, le vent faiblit à son tour, la navigation devient plus confortable, on redéroule le génois, et nous assistons à un superbe coucher de soleil avec des couleurs somptueuses dans le ciel (même si la menace de vent frais est toujours annoncée à la VHF). On mange notre quiche, on ne pourra pas attendre le lendemain, la mer ça creuse !! (et puis faut dire que c’est vachement plus pratique qu’une salade !!)

Le soir s’installe, avec l’atmosphère qui lui est si particulière… Juste indescriptible… Nous sommes là, tous les deux, Lionel et moi, à bord de notre bateau, notre maison qui flotte sur la Méditerranée… Magique… Malgré l’humidité ambiante, le froid, la petite douleur au dos…

Cap sur la CorseCap sur la Corse
Cap sur la Corse
Cap sur la CorseCap sur la Corse

Cap sur la Corse

Puis nous entrons dans la nuit noire, un thermos de thé ou café toujours à proximité, et des points réguliers à la table à cartes, afin de vérifier que nous tenons toujours le bon cap, tout en effectuant un point sur la carte papier de manière à calculer précisément la distance restant à parcourir (et aussi pour vérifier que le GPS fonctionne correctement). Nous ne parvenons pas à régler le radar : nous repérons visuellement au loin des cargos, mais ils ne sont pas signalés sur l’écran… Il en reste encore à apprendre des réglages !!

Puis vers 3h30 du matin, après avoir barré à tour de rôle, Lionel décide d’aller faire son quart, c’est-à-dire d’aller dormir quelques heures dans une cabine pendant que je barre le bateau… Faire des quarts, c’est-à-dire ne jamais laisser le bateau sans surveillance, sans personne pour veiller en cas d’obstacles ou de dangers potentiels, pouvoir rectifier les voiles si le vent tourne… Il faut donc se relayer pour barrer le bateau 24h/24h avec une veille active, surtout la nuit, où les risques sont décuplés. Parfois, on peut enclencher quelques minutes le pilote automatique (très utile si vous avez besoin de faire un petit pipi, un point à la table à carte ou simplement une manœuvre). Dans ces conditions-là, je précise que nous portons un gilet en permanence et que nous sommes littéralement « attachés » au bateau grâce à une longe reliées aux lignes de vie (de part et d’autre du bateau).

Lorsque Lionel descend se coucher, le vent a considérablement baissé, le risque encouru avec une novice à la barre est donc limité… Et puis faut bien apprendre un jour où l’autre et la pratique en temps réel reste le meilleur moyen !

Lors de mon quart, j’assiste à un étrange ballet sous-marin : celui des méduses qui se déplacent en énormes bancs en pleine mer ! C’est hallucinant ! Je gère donc le bateau pendant deux heures mais au loin, je vois des éclairs menaçants éclater… Certes, nous les observions depuis une bonne partie de la nuit, mais ils sembleraient se rapprocher de plus en plus… Le ciel magnifiquement étoilé est toujours dégagé au-dessus de nos têtes, mais je vois clairement la limite des nuages qui se rapproche dangereusement… Et tout à coup, j’entends gronder le tonnerre… Là, on n’est vraiment pas loin ! De plus, le vent est complètement tombé et les voiles claquent malgré mes tentatives de réglage… Je décide donc d’aller réveiller Lionel après seulement deux heures de sommeil mais il faut réagir ! (tout en sachant que je n’avais pas encore dormi pour ma part, trop angoissée de savoir Lionel seul à la barre sur le pont –c’est pourtant lui le capitaine, mais que deviendrait le moussaillon sans son capitaine ??). Et surtout je suis complètement affolée par les bruits du bateau –ça en fait du "borde"l un bateau qui navigue sur l’eau : les vagues, même minuscules, résonnent dans toute la coque, les voiles claquent, et toutes les manœuvres créent un brouhaha infernal pour n’importe quel « non navigateur ».

Lionel est profondément endormi (il a confiance en son mousse débutant !) et il me rejoint donc sur le pont pour analyser la situation… Au choix : continuer sur le cap défini, ce qui nous conduirait droit sur l’orage, où bien se laisser dériver un moment afin de fuir la tempête au loin… Nous décidons donc de prendre la fuite… Nous affalons nos voiles, allons nous coucher un moment et laissons donc le bateau dériver au gré de la houle et du vent… Une chose qu’il ne faut en principe JAMAIS faire, ne jamais laisser le bateau sans surveillance et sans veille active !! Surtout sans aucune alarme (de GPS, de radar ou de VHF) puisque nous ne parvenions pas à les faire fonctionner !! On aurait très bien pu entrer en collision avec un paquebot (nombreux en cette période de l’année entre la Corse et le continent !).

Bref, à 6 heures du matin, au lever du jour, sur le pont d’Iti Manawa, nous apercevons tout à coup un immense bancs de petits dauphins bondissant tous ensemble, c’est un moment magique, tellement beau de voir ces créatures « danser » dans les vagues…

Après un petit déjeuner rapide, nous faisons le point et prenons la météo du jour… ça ne sent pas bon, l’orage est toujours devant nous, il couvre tout le Nord de la Corse… Et en effet, le vent se remet à souffler et nous apercevons les premiers reliefs de la Corse sous d’épais nuages… ça ne présage rien de bon… On y va, en plein dedans… Mais il va bien falloir affronter ce passage pour parvenir à destination !

La mer se forme rapidement, nous nous rhabillons « étanchement » et là, le vent monte à 18 nœuds, puis 20, puis 23, 27… Il est temps de prendre un ris et d’enrouler un peu le génois à l’avant pour garder le bateau manœuvrant… Une intervention un peu périlleuse par cette mer déchainée… Mais Iti Manawa se défend bien, il surfe allègrement les vagues, et j’ai pris un plus d’assurance malgré la fatigue (et puis il est temps d’arriver pour enfin se reposer et profiter enfin de la Corse !) Un rapide point météo et consultation des cartes et du bloc marine (notre bible) nous fait prendre conscience qu’il va nous être impossible d’arriver jusqu’à Centuri et d’y trouver un abri sûr.

En effet, nous devions y retrouver des amis en vacances(Aurélie, David, Nel et Timothé, nos premiers visiteurs !) mais le mouillage et le petit port de pêche sont inaccessibles par vent d’Ouest et surtout très dangereux ! Nous réalisons à temps qu’il faut aviser et changer de destination, trouver un abri sûr où nous pourrons enfin nous reposer ! Nous optons pour la baie de Saint Florent, qui semble bien abritée de tous les vents et qui se trouve justement sur notre route.

Premiers reliefs Corses... (et corsés !)
Premiers reliefs Corses... (et corsés !)Premiers reliefs Corses... (et corsés !)
Premiers reliefs Corses... (et corsés !)

Premiers reliefs Corses... (et corsés !)

Nous rentrons dans la profonde baie, nous sommes le seul bateau sur l’eau, personne depuis plusieurs miles, le vent n’a cessé d’augmenter jusqu’à présent et nous sommes soulagés de constater qu’il diminue en progressant dans la baie. Nous apercevons un bateau en sens inverse qui ne s’était sans doute pas rendu compte de la violence du vent et qui fait rapidement demi-tour une fois en pleine mer !

Nous affalons la grand-voile dans un premier temps , puis arrivés sur le lieu de mouillage, j’enroule le génois… il force un peu… « pas grave ! » me crie Lionel à l’avant, en train de ranger la trinquette, « insiste, on verra ce qui coince plus tard ! » (en effet, au moment d’enrouler, dans la nuit, j’avais remarqué une certaine « tension » dans la manœuvre…).

Et là, avec la seule force de mon index (et surtout celle du winch électrique) j’ai insisté et, d’un coup sec, la baume est descendue d’une trentaine de centimètres… Lorsque j’ai levé les yeux pour observer ce qui venait de se passer, j’ai vu le génois, au trois quarts enroulé, pendre dangereusement au bout de sa drisse en haut du mât… Lionel m’ordonne de le rejoindre immédiatement à l’avant ! Sur le coup je ne suis pas sûre de comprendre ce qu’il vient de se passer… Je vois bien qu’il y a quelque chose de cassé mais je ne comprends pas trop quoi… Et Lionel me dit « on vient de casser l’étai » (et l’été aussi du coup !!)… Et je réalise peu à peu l’ampleur du « drame »qui vient de nous arriver…

En effet, l’étai c’est le câble à l’avant du bateau sur lequel est enroulé le génois, et qui maintient le mât … Donc, sans étai, le mât n’est plus tenu, il aurait donc pu tomber vers l’arrière, et arracher avec lui tout le toit du bateau… Les conséquences auraient pu être dramatiques, mais dans notre malheur, nous avons limité les dégâts car nous avions d’abord affalé la grand voile, du coup, il n’y avait plus de tension dans le mât. D’autre part, nous étions quasiment à l’arrêt, prêts à mouiller l’ancre, l’inertie était donc très réduite… Mais ce scénario aurait très bien pu se produire en pleine mer, au moment d’enrouler le génois pour le remplacer par une trinquette ou un tourmentin… Je réalise que notre « survie » tient à bien peu de choses… Notre bateau, pourtant costaud, est fragile et il faut être à l’écoute en permanence, vigilants chaque instant, et surtout savoir réagir vite et en conséquence… En effet, le génois avait toujours été un peu difficile à enrouler mais nous n’avions jamais réellement su pourquoi… Nous pensions qu’en relâchant un peu de drisse, les tensions au moment d’enrouler seraient moindre… Nous comprendrons ce qui s’est réellement passé bien après…

Pour l’heure, il fallait réagir très rapidement, avant que le mât ne tombe et vienne arracher le toit du bateau, et que le génois qui pendait toujours accroché à sa drisse ne vienne percuter les panneaux solaires ou l’éolienne (oui, le câble d’étai mesure plus de 17 mètres et notre bateau n’en fait que 13 en longueur !!). Lionel a donc remis l’étai largable à poste (c’est le câble d’un diamètre inférieur qui arrive au 4/5° du mat, sur lequel nous venons fixer les petites voiles de gros temps) et s’est empressé de tendre des drisses sur les balcons avant (les drisses sont les cordes qui servent à monter les voiles, elles passent donc par le haut du mât), afin de stabiliser le mât…

Nous tentons tant bien que mal d’attacher notre génois pour éviter qu’il ne vienne exploser les panneaux solaires, et là, au moment de descendre l’ancre, impossible : le tambour de l’enrouleur du génois est posé sur la baille à mouillage et il nous est impossible à Lionel et moi de porter cette lourde pièce de métal. De plus, elle est toujours reliée à l’étrave du bateau par une énorme languette d’inox qui s’est pliée sous le choc. En attendant, le bateau tourne en rond, au moteur, devant le port de Saint Florent… Impossible donc de mouiller pour l’instant , ni de rentrer dans le port car la seule place accessible pour notre bateau (à longue quille !!) est déjà occupée… La capitainerie nous indique que le quai d’accueil sera libre dès 19h… il est à peine 15h, ce qui signifie que nous allons devoir tourner en rond devant le port pendant plus de 4 heures…

Et là, soudain, je réalise ce qui vient de nous arriver : on a failli perdre notre bateau, notre maison et ça aurait pu se produire en pleine nuit, pendant la traversée… Je fonds en larmes, la fatigue accentuant ce sentiment d’échec et surtout de peur… Je me sentais en sécurité sur notre bateau mais là, tout à coup, tellement vulnérables… Lionel semble affecté également ! Nous qui rêvions de mouiller l’ancre pour manger notre quiche et faire un bon somme !

Puis, au bout d’un moment, à force de tourner dans la baie, nous remarquons un bateau qui ressemble étrangement à celui de Cécile et Bruno… Nous nous empressons de les appeler et ils nous répondent qu’ils seront là bientôt pour nous aider !

L’espoir revient lorsque nous voyons Cécile et Bruno sauter dans leur annexe et nous rejoindre à bord, chargés d’une deuxième ancre de secours et d’outils servant à démonter l’enrouleur ! Pleins d’expériences, de bons conseils astucieux, nous parviendrons, grâce à leur aide, ô combien précieuse, à démonter l’enrouleur et enfin mouiller l’ancre et arrêter le bateau !

Le quai libéré, ils nous aideront à descendre le génois, à démonter les profilés alu (le fourreau dans lequel vient s’insérer le génois), plier le génois … Nous étions l’attraction du port ! Et pour remercier nos sauveteurs, nous avons mangé une bonne plâtrée de pâtes au Pesto à bord avec une bonne glace de Saint Florent en dessert! Quelle soirée ! Outre les bons conseils de nos amis, nous avons bien rigolé, la pression se relâchant enfin !

Puis nous garé notre bateau à côté du leur pour passer notre première nuit au mouillage en Corse ! Malgré la petite houle résiduelle venant du large, nous avons bien dormi et récupéré de cette folle traversée !! On s’en souviendra de notre arrivée en Corse !!!

Le lendemain, premier cours de paddle avec Bruno et Cécile, on visite la ville, on fait des petites courses, bref, on décide de prendre un peu le temps de visiter les environs. Puis en fin de journée, nous partons faire une petite balade en paddle le long de la baie, accompagnés de Cécile et Bruno… Les paysages sont superbes ! Le soir, c’est à bord de Pap’s, le bateau copain, que nous sommes conviés à diner ! C’est rigolo de se rendre chez les voisins en annexe ! Cécile me donne une mine de précieux conseils pour la préparation de notre périple et nous échangeons longuement sur nos ressentis… Quant aux garçons, c’est plutôt de leur ressenti en planche qu’ils papotent ! Encore une agréable soirée en leur compagnie, c’est tellement bon de rencontrer des gens qui vont vivre la même aventure que nous et avec qui nous avons déjà tellement d’affinités !

Dans la baie de Saint Florent, en paddle avec Bruno, vue sur Pap's, le bateau de nos "sauveteurs"
Dans la baie de Saint Florent, en paddle avec Bruno, vue sur Pap's, le bateau de nos "sauveteurs"
Dans la baie de Saint Florent, en paddle avec Bruno, vue sur Pap's, le bateau de nos "sauveteurs"

Dans la baie de Saint Florent, en paddle avec Bruno, vue sur Pap's, le bateau de nos "sauveteurs"

Iti Manawa, sans son étai, dans la baie de Saint Florent
Iti Manawa, sans son étai, dans la baie de Saint FlorentIti Manawa, sans son étai, dans la baie de Saint Florent

Iti Manawa, sans son étai, dans la baie de Saint Florent

Après 3 jours dans la baie de Saint Florent, et enfin remis de nos émotions, nous décidons de changer de lieu et de nous rendre dans la baie de Saleccia, à quelques milles de là, mais auparavant, de s’arrêter dans la petite crique de Mortella afin de remonter la rivière en paddle. Nous découvrons donc le maquis vu de la rivière, à bord de nos planches, quel calme, ça sent bon ! Puis de retour à bord, Lionel décide d’aller chasser avec le fusil harpon prêté par Bruno, pendant que je pars observer les poissons. Au bout de plus d’une heure (je commençais à m’inquiéter quand même !) il revient avec un tout petit poisson dans son filet… Partagé entre la fierté d’avoir une prise mais la tristesse d’avoir tué un animal… pas gagné l’équipe… Et lorsque, penchés tous les deux sur cette mini prise, je lui demande comment allons nous vider la bête, il me répond qu’elle s’est autovidée lorsque la flèche l’a transpercée… Bon, elle n’aura pas souffert… Lionel m’avoue qu’il a quand même perdu le bout de la flèche et qu’il faudra donc en payer une nouvelle à Cécile et Bruno !! Le prix du poisson est exorbitant en Corse !!

Nous partons rejoindre Cécile et Bruno déjà en baie de Saleccia. Le soleil est couchant, nous naviguons au moteur, c’est beau ! Puis nous mangerons notre petit poisson en guise d’apéro !

Coucher de soleil entre la baie de Mortella et Saleccia, et notre première pêche !
Coucher de soleil entre la baie de Mortella et Saleccia, et notre première pêche !Coucher de soleil entre la baie de Mortella et Saleccia, et notre première pêche !
Coucher de soleil entre la baie de Mortella et Saleccia, et notre première pêche !

Coucher de soleil entre la baie de Mortella et Saleccia, et notre première pêche !

Au matin, la plage de sable blanc est déserte, nous sommes juste deux bateaux au mouillage, c’est magique ! Des chevaux viennent galoper face à nous et les premiers touristes arrivent peu à peu ! L’eau est d’un bleu translucide, mais le mouillage se remplit incroyablement au fil de la journée ! Nous partons explorer les lieux en paddle, tous les quatre ! Puis le vent se lève et Lionel décide donc d’aller kiter entre les bateaux, c’est hallucinant ! Les jours suivants, nous enchaînons rando et apéro au cœur du désert des Agriates et nous sympathisons de plus en plus avec nos acolytes ! Il est temps de lever l’ancre vers un nouveau lieu de mouillage !

En août, notre première traversée !En août, notre première traversée !En août, notre première traversée !
En août, notre première traversée !En août, notre première traversée !
En août, notre première traversée !En août, notre première traversée !

Nous prenons la mer au moteur, avec un vent fort et de grosses vagues, nous longeons la côte et nous décidons de nous arrêter à Ostrica, non loin de l’Ile Rousse, l’endroit semble abrité… Lorsque nous arrivons, nous jetons l’ancre mais ça roule pas mal, à tel point que les garçons décident d’aller faire du kite ! Avec Cécile on les regarde de la plage après avoir remonté la rivière en amont. J’apprends à piloter seule l’annexe, ce qui n’est pas évident à cause des vagues et d’ailleurs, je ne parviendrais jamais à remonter à bord ce soir là ! On roule et on tangue encore pas mal cette nuit là, pas évident de dormir, le bercement devient vite intenable et il faut trouver la position adéquate pour se caler. De plus, il faut vérifier régulièrement que notre bateau n’est pas en train de déraper, c’est à-dire que notre ancre ne se décroche pas à cause du vent ou des vagues. Nous parvenons tout de même à mettre en place des alarmes par le biais du GPS mais nous sommes toujours en phase « test » donc rien ne vaut une veille « humaine » (et puis quel plaisir d’aller faire pipi par-dessus bord, sous les étoiles !). Nous alternons les balades à terre, en paddle avec nos amis. Nous prenons peu à peu goût à cette vie !

Dans la baie d'Ostricconi, avec Cécile et Bruno en rando, vue sur nos bateaux
Dans la baie d'Ostricconi, avec Cécile et Bruno en rando, vue sur nos bateaux
Dans la baie d'Ostricconi, avec Cécile et Bruno en rando, vue sur nos bateaux
Dans la baie d'Ostricconi, avec Cécile et Bruno en rando, vue sur nos bateaux

Dans la baie d'Ostricconi, avec Cécile et Bruno en rando, vue sur nos bateaux

Puis vient le moment où nos routes se séparent, Cécile et Bruno sont attendus à Ajaccio dans les prochains jours, ils doivent donc avancer un peu plus vite.
De notre côté, nous décidons d’aller manœuvrer un peu le bateau en direction de l’Ile Rousse. Lionel me fait donc faire des exercices pour reprendre confiance et me rendre autonome à bord. Les manœuvres se passent bien et j’essaie de passer mon test VHF dans la foulée, nos réservoirs d’eau étant presque vides, il nous faut contacter la capitainerie de l’Ile Rousse pour savoir s’il est possible de faire le plein à quai. Bon, ma tentative échoue car la fréquence est brouillée par un autre bateau, tant pis, je les contacte par téléphone du coup ! Iti Manawa rentre juste au port et nous remplissons nos réservoirs et nettoyons le bateau à grande eau. Puis nous contournons l’Ile Rousse et trouvons une jolie crique où nous serons seuls à passer la nuit ! Nous alternons plongée, carénage, visite de la ville, nous assistons à un concert corse un soir.

Le lendemain nous trouvons un lieu de mouillage idylique, Alagajola, une petite ville corse typique. Nous garons Iti Manawa sous le village et décidons d’aller manger des figatelli, lonzu, brousse au restau ! On se régale et avant de rentrer à bord, nous assistons à un concert corse du tonnerre, on y dansera jusqu’à plus de minuit… d’ailleurs, on aurait dû y passer toute la nuit car nous étions face au groupe et impossible de dormir à cause du volume sonore jusqu’à 3h30 du matin !

Ile Rousse, on est tranquille...
Ile Rousse, on est tranquille...

Ile Rousse, on est tranquille...

Algajola, nous sommes les seuls au mouillage !

Algajola, nous sommes les seuls au mouillage !

Puis il est temps de lever l’ancre direction Calvi car il va falloir songer à rentrer sur le continent afin de préparer un évènement important : notre mariage ! Et oui, encore un challenge !

Nous plaçons des lignes de traine à l’arrière du bateau mais sans résultat. Arrivés à Calvi, c’est immense, des centaines de bateaux sont attachés à des bouées au pied de la citadelle et la capitainerie nous indique que le mouillage « gratuit » se situe à l’opposée de la baie ! bein oui, c’est sûr ! Nous décidons d’aller manger une glace et il nous faudra pas loin de 15 minutes pour rejoindre la ville en annexe ! Le lendemain, nous effectuons nos dernières courses, le plein de gasoil et nous décidons de lever l’ancre pour plus de 24h afin de rejoindre le continent grâce à une fenêtre météo idéale !

En baie de CalviEn baie de Calvi

En baie de Calvi

11 août 2014

Nous partons dans l’après-midi, la mer est calme, il y a une petite brise qui pousse le bateau doucement mais sûrement ! On aperçoit des dauphins au large, la magie opère de nouveau ! Ils ont sans doute été attirés par l’odeur de la tarte à la tomate qui cuit dans le four ! Le coucher de soleil au large est somptueux, nous essayons de reprendre confiance en notre bateau et nous partons un peu à contre-cœur, nous étions si bien, là-bas ! Mais, le rêve sera de courte durée, en effet, depuis quelques jours, le pilote automatique fait des siennes et décroche régulièrement… Un problème pour les quarts de nuit à venir et pour les manœuvres un peu complexes qui nécessitent la mise en route du pilote auto ! Pas le choix, on fait des essais avant la tombée de la nuit, les pannes sont intermittentes, c’est ennuyeux… encore une chose à régler à notre arrivée !

Bref, nous voilà partis direction la baie de Villefranche, sur le continent ! Les premières heures se passent très bien, nous avons un ris dans la grand voile, et la trinquette. Un autre voilier nous suit au loin… Nous rentrons dans la nuit, c’est pleine lune, ça fait bizarre, il semblerait que le jour n’est jamais tombé ! Nous organisons les quarts : Lionel fera le premier. J’essaie d’aller dormir un peu, mais en vain… J’ai besoin d’avoir un œil en permanence sur mon Lionel même si il est attaché et que les conditions de navigation sont optimales… C’est plus fort que moi, l’angoisse de me réveiller et de me retrouver seule sur le bateau…

Arrive l’heure pour Lionel d’aller se coucher, je prends donc la barre… Tout se passe bien la première heure, le vent change un peu de direction, je règle donc mes voiles en conséquence (avec l’aide précieuse du livre des Glénans !). Puis soudain, les rafales commencent à arriver… hum, c’est ce que je redoute le plus car le bateau devient difficilement manœuvrant, en l’espace de quelques secondes… Soudain, je vois l’anémomètre (l’appareil qui donne la vitesse) afficher 24 nœuds alors que nous étions entre 13 et 17 nœuds jusqu’à présent ! Je me fais malmener et emmener par le bateau, je m’inquiète, j’appelle Lionel, profondément endormi, une fois, deux fois et la troisième je crie de toutes mes forces ! Lionel saute du lit et vole à mon secours, en tenue d’Eve, sans lunettes et sans gilet ! Il analyse rapidement la situation, rentre s’équiper et m’aide à prendre un ris dans la grand voile… Il retourne se coucher… Je ne suis pas très sereine mais il faut bien que je m’entraîne ! Le vent redescend peu à peu, je décide alors de mettre un peu le pilote automatique pour me reposer… Je suis assise derrière la barre, je scrute l’horizon et je somnole en même temps… Mais mon somme sera de courte durée : tout à coup, je vois l’aiguille du compas de vent apparent descendre, descendre, descendre… Je ne comprends pas, je pense nous venons d’entrer dans une zone de pot au noir, le calme avant la tempête, le vent qui tombe d’un coup pour changer de sens et repartir de plus belle… Et là, la baume empanne (elle passe de l’autre côté d’un coup puisque nous sommes désormais au vent arrière). Complètement perdue, j’appelle mon capitaine au secours ! Il arrive une nouvelle fois sur le pont en quatrième vitesse, toujours à poil et sans lunettes et je lui annonce que je ne comprends pas ce qui se passe, que nous retournons en Corse et que le vent vient de tomber d’un coup… Et là nouvel empannage… Et soudain, Lionel comprend que c’est le pilote automatique qui est resté bloqué, le vérin hydraulique empêche la roue de suivre les indications du pilote… Lionel décide donc de passer le restant de la nuit sur le pont car cette fois, j’ai vraiment pris peur…

Dernier coucher de soleil en Corse, direction le continent
Dernier coucher de soleil en Corse, direction le continentDernier coucher de soleil en Corse, direction le continent

Dernier coucher de soleil en Corse, direction le continent

Le vent fini par tomber en arrivant sur les côtes nicoises, et nous démarrons le moteur vers 5h30 pour aider le bateau !! Et comme à leur habitude, les dauphins viennent nous saluer au loin !

Nous arrivons en baie de Villefranche dans la journée, le retour à la civilisation est rude !! La baie est bondée de nombreux bateaux, il y a même deux cargos ! Nous tentons de trouver une place abritée et sûre car une forte houle d’Ouest est prévue dans la nuit… Le soir, nous rejoignons nos amis niçois pour un pique nique à terre, et au retour, nous embarquons Charlotte pour passer le restant de la semaine avec nous. Sa première nuit à bord ne sera pas clémente à cause d’une forte houle qui fait trouler le bateau allègrement toute la nuit ! Au réveil, la pluie, pas grave, on se fait une partie de Cluedo en attendant que l’orage passe…

Retour difficile à la civilisation -niçoise-Retour difficile à la civilisation -niçoise-

Retour difficile à la civilisation -niçoise-

Puis on hisse la grand voile et l’ORC pour passer en rade de Nice… C’est confirmé, Nice c’est vraiment pas joli, de la terre, comme de la mer, trop de béton ! Nous allons mouiller devant le fort carré d’Antibes pour faire deux courses d’approvisionnement et déguster une glace au passage. Nous visitons le quai des milliardaires à bord de notre petite annexe, impressionnant ces gros yachts !! Puis nous passerons la nuit au cap d’Antibes, à l’abri, car un avis de vent frais est annoncé … Nous profitons de l’escale pour plonger et découvrir de jolis fonds marins.

Charlotte, notre première "mousse"... Dur dur la vie de marin au Cap d'Antibes !
Charlotte, notre première "mousse"... Dur dur la vie de marin au Cap d'Antibes !
Charlotte, notre première "mousse"... Dur dur la vie de marin au Cap d'Antibes !

Charlotte, notre première "mousse"... Dur dur la vie de marin au Cap d'Antibes !

Au matin, c’est paddle puis direction Mandelieu pour pique niquer et faire un coucou à Domi et Rico qui tiennent un magasin au bord de mer. Julien et Xavier nous rejoindront à bord pour un café, tandis que le vent se renforce petit à petit, ce qui ne nous dit rien qui vaille… Malgré l’avis de vent frais, nous décidons d’entamer notre retour vers Bandol… Une fois sortis de la baie de Cannes, au pied du massif de l’Estérel, on sait pourquoi il y avait un avis de vent frais, il est bel et bien là !! Des rafales de 30 nœuds malmène le bateau et ses passagers qui commencent à baliser sévère (sauf le capitaine bien entendu !). On décide de prendre un ris de plus mais au moment de la manœuvre, je perds le contrôle du bateau et on fait un manque à virer. Le bateau gîte fort malgré nos deux ris et les rafales continuent d’augmenter encore… Lionel décide d’affaler les voiles, de démarrer le moteur pour aller chercher le premier abri. En effet, le vent est tellement fort de face, accentué par le mouvement des vagues, l’étai largable commence à s’arrondir et le risque de casse est trop important… Charlotte prend alors la barre et nous nous dirigeons vers la Baie d’Agay, juste avant Saint Raphaël… Ce n’est pas un abri optimal mais pas le choix, le bateau souffre… et l’avis de vent frais est prolongé pour les jours à venir… Nous parviendrons à trouver une place parmi les bateaux, eux aussi à l’abri… Le mistral souffle fort, personne ne parvient à dormir cette nuit là tellement le bateau bouge sur son ancre… D’ailleurs, lors du petit déjeuner, l’alarme de GPS (que nous avons finalement réussi à régler) nous alertera sur le déplacement du bateau. En effet, nous réalisons soudain qu’Iti Manawa est au milieu de la baie. Une chance qu’il ne soit venu percuter aucun autre bateau. Il faut remonter l’ancre en catastrophe et essayer de remouiller. Mais au fond de l’eau ce sont des algues et l’ancre ne tient pas… Le bateau décroche une deuxième fois… Le vent se renforce encore, il nous faut trouver une solution satisfaisante et fiable… Nous décidons d’accrocher une deuxième ancre sur la chaîne, en empennelage. Ce n’est pas facile à manipuler, plus de 20 kilos à porter à bout de bras. Lionel est devant et je suis à la barre, moteur à fond, face au vent… Nous replongeons nos deux ancres et attendons quelques minutes… Ils semblerait que l’une d’entre elle ait enfin croché au fond… Les minutes passent, nous attendons… La plupart des bateaux autour sont dans la même galère et il faut donc éviter de se percuter… Nous entamons une partie de Monopoly car il est trop dangereux d’envisager de quitter le bateau… La pauvre Charlotte subi la pire semaine de navigation de l’été ! Mais elle garde le sourire et reste positive, c’est un super petit mousse !!

Le lendemain, toujours bloqués à cause du mistral, Lionel me met dans un train jusqu’à Aix en Provence puisque c’est le we de mon enterrement de vie de jeune fille ! Et oui, le mariage approche à grand pas et voilà bientôt trois jours que nous sommes bloqués à Agay !! Je réalise combien nous sommes tributaires des aléas de la météo et des caprices de Mère Nature ! Il faut être humble et savoir mesurer les risques encourus !

Lionel et Charlotte rentreront tranquillement sur Bandol dans le we. Ils mouilleront dans la baie de Hyères le samedi soir avec en prime un superbe feu d’artifice aux premières loges !

Partie de Monopoly jour de mistral ! Les premiers bords de CharlottePartie de Monopoly jour de mistral ! Les premiers bords de Charlotte

Partie de Monopoly jour de mistral ! Les premiers bords de Charlotte

Puis le dimanche, ils rejoignent Bandol sans encombre. Je les retrouve en train de nettoyer le bateau à grande eau ! Nous ramènerons Charlotte le soir même, pour régler notre courrier en attente à Cagnes sur Mer, puis retour à Pertuis car il est grand temps de finir les derniers préparatifs du mariage. Nous laisserons notre maison flottante pendant presque un mois au port, avec juste quelques visites furtives ! En effet, entre la préparation du mariage, le mariage, puis l’après mariage, le déménagement, le baptême de la filleule de Lionel, les affaires à régler pour concernant AB Energy, nous serons de retour à bord, et cette fois-ci de manière définitive enfin, le 7 septembre 2014 ! D’attaque pour finir les travaux : réparer l’étai, revoir le portique, solutionner les problèmes de pilote automatique et s’installer à notre aise à bord d’Iti Manawa !

En août, notre première traversée !
En août, notre première traversée !
En août, notre première traversée !
En août, notre première traversée !
En août, notre première traversée !
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dubreuil stephane 17/11/2014 21:08

Hello a vous 2
Tres jolies photos
Ca (re)donne envie de faire du bateau.
Est ce que vous allez traverser ?
On suit votre blog
Bonne chance
Stef alex pierrot fanny et rosalie

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