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Iti Manawa

Iti Manawa

Les périples océaniques d'Emmeline et Lionel à bord de leur voilier Iti Manawa


Octobre ou la vie au carénage !

Publié par Emmeline Moinier sur 3 Novembre 2014, 14:41pm

Octobre ou la vie au carénage !

Puis vient le moment de « caréner » le bateau... Nous prenons donc rendez-vous sur l'aire de carénage de Bandol pour le mardi 14 octobre.

Au matin, nous présentons le bateau de face, dans la fosse afin que l'immense grue puisse le hisser sur des sangles. La longue quille du bateau nous oblige à détacher l'étai largable afin de pouvoir le sortir totalement de l'eau et le poser sur cales. Sauf que le mât n'est plus du tout tenu et les grutiers du port ne sont pas très délicats au maniement de la grue, nous observons avec effroi notre mât bringuebaler dangereusement... Manquerait plus qu'on perde le mât maintenant, après tout ce qu'on a évité, un comble !!

Bon, la manœuvre prend fin et le mât semble toujours tenir, bien que penché en arrière... Le bateau est stabilisé sur 4 grandes cales... Ouah, c'est grand et costaud le machin quand même...

La grue repart, et nous on regarde notre bateau, d'en bas, comme deux couillons... Impossible de remonter à bord malgré les quelques échelles dispo sur l'aire de carénage... elles sont trop courtes !

Jackie et Anita doivent nous rejoindre plus tard pour nous apporter une grande échelle et des rallonges électriques... En attendant, on n'a pas un sous, pas de téléphone, juste un appareil photo... On parvient à dénicher un échafaudage, le temps d'escalader jusqu'à notre Iti Manawa tout haut perché et récupérer deux trois affaires en attendant les parents !

Quel plaisir de savourer une délicieuse entrecôte face au port, en famille (les parents de Lionel reviennent d'un mois en Guyane, et oui, nous avons des familles voyageuses décidément!!)

Iti Manawa sur la grue, puis posé sur bers
Iti Manawa sur la grue, puis posé sur bers
Iti Manawa sur la grue, puis posé sur bers

Iti Manawa sur la grue, puis posé sur bers

Après quelques conseils dispensés par Jackie, nous attaquons le ponçage de la coque... Il faut enlever toutes les aspérités qui sont restées collées suite au « brossage » manuelle très utile effectué par Lionel dans l'eau. En effet, sur la coque du bateau, aucun dépôt d'algue verte, on évite ainsi une journée de karsher !

Chacun sur son échelle, c'est parti ! L'atmosphère est bruyante, une vraie fourmilière, une bonne quinzaine de bateaux de tous types (moteurs, voiliers, grands, petits, neufs, vieux) sont en cours de rénovation (c'est une pratique annuelle pour un bateau). Des bruits de marteaux, de scies, de karsher, de ponceuse, des odeurs de peinture et dissolvants, tous les corps de métiers sont représentés (artisans voiliers, mécaniciens, peintres...)

A côté de notre « grand »bateau, un autre plus petit, en plutôt mauvais état et une bande de jeunes garçons avec qui nous ne tarderons pas à sympathiser ! L'un d'entre eux revient tout juste de Nouvelle Zélande, subjugué par ce pays, il envisage lui aussi de s'y installer ! Forcément, on a vite fait de partager une bière et d'échanger de bons conseils de navigateurs/surfeurs (ils sont aussi surfeurs et passionnés de bateaux ! D'ailleurs Lionel ira surfer un matin tôt avec eux ! L'ambiance musicale et humoristique est assurée et nous passerons quelques bons appéro de fin de chantier en leur compagnie... D'ailleurs, il n'est pas exclu que nous naviguions parfois avec l'un d'entre eux !

Ponçage de la coque par Emmeline. La bande des jeunes "surfeurs"
Ponçage de la coque par Emmeline. La bande des jeunes "surfeurs"

Ponçage de la coque par Emmeline. La bande des jeunes "surfeurs"

Et c'est toujours à plus de 3,50 mètres de hauteur que nous nous trouvons ce soir... En effet, voilà quinze jours que nous sommes sur le « chantier »... Nous enchaînons un peu une « série noire »...

Rien de grave rassurez-vous, juste terriblement frustrant et cela retarde encore notre départ... Lorsque nous avons sorti le bateau de l'eau, nous avions tout d'abord repérer une fissure entre le bulbe en fonte de la quille et le voile en fonte... Cette fissure avait précédemment été réparée avec un peu de gel coat et de fibre de verre...

Nous décidons donc de refaire la même chose, avec les conseils de Loic Bayse, un mécanicien de renom sur l'air de carénage...

Après une première couche, il faut poncer, et attendre que le produit sèche... c'est un peu long mais c'est pas bien grave puisque nous avons bien d'autres travaux en attente. Notamment le remplacement de certaines pièces de l'arbre d'hélice et du moteur...

Encore une fois, en théorie, cela devait être simple mais queneni !!! Juste pour dessérer les boulons de l'arbre d'hélice au niveau du presse étoupe, cela nous a pris pas moins de 24heures, l'aide de Géo et d'Albert et de notre nouveau meilleur ami Le Chalumeau (flambard comme disent si bien nos jeunes voisins!!).

Puis nous avons été confrontés à la fameuse « bague hydrolube »... visiblement, cette dernière fait couler beaucoup d'encre sur les aires de carénage... En effet, elle est très difficile à sortir, sa forme et sa matière étant aléatoire d'un bateau à l'autre... L'idéal aurait été de démonter l'hélice pour pouvoir retirer entièrement l'arbre et changer la bague... Mais impossible de mettre la main sur le schéma de l'hélice et trop risqué de la démonter... Il faut donc trouver un moyen de sortir cette fameuse bague !! Chacun y va de son avis... Mais sans succès... Puis, le soir, les jeunes qui ont assisté à la scène nous suggèrent de chauffer la chaise afin de dilater le cuivre et permettre ainsi à la bague hydrolube de coulisser plus facilement !! et là, succès immédiat !! oufff, une chose de réglée...

La fameuse bague hydrolube et son presse étoupe suscittent bien des interrogations (Albert, Géo et Lionel)
La fameuse bague hydrolube et son presse étoupe suscittent bien des interrogations (Albert, Géo et Lionel)La fameuse bague hydrolube et son presse étoupe suscittent bien des interrogations (Albert, Géo et Lionel)
La fameuse bague hydrolube et son presse étoupe suscittent bien des interrogations (Albert, Géo et Lionel)

La fameuse bague hydrolube et son presse étoupe suscittent bien des interrogations (Albert, Géo et Lionel)

Moi, pendant ce temps là, je cours chercher les pièces manquantes de l'étai, je file chez Castorama pour du papier à poncer et divers outils, je nettoie les parties non immergées de la coque au polish, j'applique un peu de gelcoat dans les petits trous, je passe les parties jaunies à l'acide... Bref, je ne m'ennuie pas du haut de mon immense échafaudage !! J'apprends aussi à faire de la résine epoxy pour fixer la cuve à eaux noires dans le placard des toilettes... Mélanger les peintures, les solvants (bon, parfois y' a un peu des ratés mais mon professeur est indulgent!!). Tout se profile plutôt pas mal pour une mise à l'eau rapide... mais c'est sans compter sur le fort coup de mistral qui aura des conséquences dramatiques sur notre quille...

En effet, plus de 100 km/h annoncé... et nous, là haut, perchés sur des bers (dont certains ont déjà cassé par le passé, dixit les habitants de Bandol)... Je ne dormirais pas de la nuit tant le bateau tangue ! Et pourtant, on est à sec ! Incroyable et tellement impressionnant !! j'ai peur qu'à tout moment une béquille cède et que nous venions nous écraser à terre... la fin du voyage !!

Un peu de stratification pour Emmeu
Un peu de stratification pour EmmeuUn peu de stratification pour Emmeu

Un peu de stratification pour Emmeu

Voici notre emplacement au carénage... La vue est imprenable de la haut... et la prise au vent également !
Voici notre emplacement au carénage... La vue est imprenable de la haut... et la prise au vent également !
Voici notre emplacement au carénage... La vue est imprenable de la haut... et la prise au vent également !
Voici notre emplacement au carénage... La vue est imprenable de la haut... et la prise au vent également !
Voici notre emplacement au carénage... La vue est imprenable de la haut... et la prise au vent également !
Voici notre emplacement au carénage... La vue est imprenable de la haut... et la prise au vent également !

Voici notre emplacement au carénage... La vue est imprenable de la haut... et la prise au vent également !

Mais fort heureusement, cela n'arrive pas... Malgré tout, le matin, en allant inspecter la quille, nous apercevons que la fissure est bien réapparu et qu'elle suinte de la rouille ! C'est très alarmant, cela signifie que l'eau s'est infiltrée à l'intérieur et surtout qu'il y'a un jeu entre les deux parties de la quille...

Nous demandons donc les plans à Jeanneau pour savoir s'il est nécessaire de revisser les boulons de quille (et surtout comment car il n'y a rien d'apparent)...

En attendant, Loic nous conseille de sécher au maximum la quille, de l'assainir le temps de savoir comment réparer... Lionel confectionne donc une petite cage en plastique autour de la quille et Cyril, notre voisin tribord nous prête deux petits chauffages électriques que nous ferons tourner pendant 48 heures.

Lionel pendant ce temps répare et inspecte tous les passes coques, il en pose de nouveaux (mon Dieu, notre coque est un gruyère!!) C'est galère, les tuyaux sont très difficilement accessibles, les vannes sont souvent grippées (encore une fois, merci à notre ami chalumeau) et moi je me tombe malade, couchée pendant deux jours à 40° de fièvre... La contrariété, l'accumulation de fatigue, un coup de froid et voilà !!

Notre "fissure" sur la quille... Reponcée par Lionel et qui passe la nuit au chaud !
Notre "fissure" sur la quille... Reponcée par Lionel et qui passe la nuit au chaud !Notre "fissure" sur la quille... Reponcée par Lionel et qui passe la nuit au chaud !

Notre "fissure" sur la quille... Reponcée par Lionel et qui passe la nuit au chaud !

La fièvre du carénage... Et le petit bateau de Cyril, notre voisin
La fièvre du carénage... Et le petit bateau de Cyril, notre voisin

La fièvre du carénage... Et le petit bateau de Cyril, notre voisin

Bref, nous recevons régulièrement des nouvelles de Cécile et Bruno, nos amis bandolais tour du mondiste également ! Ils sont aux Canaries et nous attendent de pied ferme, eux aussi sont passés par là, c'est le pire mais ça fait parti du voyage ! Et on apprécie d'autant plus la suite !

Hier, nous avons posé une première couche de peinture primaire, aujourd'hui nous passons le mastic, si tout va bien, demain ou après demain (si la météo est avec nous), nous devrions passer la couche d'antifouling et enfin retourner à l'eau...

Octobre ou la vie au carénage !Octobre ou la vie au carénage !

Après une dernière couche d'antifouling qui a rendu la coque de notre bateau d'une jolie couleur bronze (la peinture est composée de cuivre qui en s'oxydant au contact de l'eau, devient gris), Iti Manawa retrouve enfin l'élément aquatique !!!

Dorénavant, il arbore son nouveau nom « Iti Manawa » à l'arrière de la coque ! Element judicieusement remarqué par le grutier au moment de la remise à l'eau du bateau !

Dernière couche de poncage de la coque pour Lionel avant la pose de la peinture au pistolet
Dernière couche de poncage de la coque pour Lionel avant la pose de la peinture au pistolet
Dernière couche de poncage de la coque pour Lionel avant la pose de la peinture au pistolet
Dernière couche de poncage de la coque pour Lionel avant la pose de la peinture au pistolet

Dernière couche de poncage de la coque pour Lionel avant la pose de la peinture au pistolet

Plus que quelques minutes avant qu'Iti Manawa retrouve les flots

Plus que quelques minutes avant qu'Iti Manawa retrouve les flots

ça y'est, il est baptisé ! (et Lionel aussi !)
ça y'est, il est baptisé ! (et Lionel aussi !)

ça y'est, il est baptisé ! (et Lionel aussi !)

fin de notre passag sur l'air de carénage à Bandol !! On pouvait pas nous rater !!
fin de notre passag sur l'air de carénage à Bandol !! On pouvait pas nous rater !!

fin de notre passag sur l'air de carénage à Bandol !! On pouvait pas nous rater !!

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