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Iti Manawa

Iti Manawa

Les périples océaniques d'Emmeline et Lionel à bord de leur voilier Iti Manawa


Septembre, la douce vie de ponton...

Publié par Emmeline Moinier sur 3 Novembre 2014, 13:57pm

Septembre, la douce vie de ponton...

Enfin, nous emménageons à bord d’Iti Manawa. Désormais, c’est notre résidence principale et la vie à bord s’organise peu à peu… Au départ, ce n’est pas évident de trouver ses marques, que chacun trouve sa place…

Et ça commence par le rangement de nos affaires respectives : comment faire tenir un an de vêtements été/hiver dans des placards trois fois plus petits que ceux de notre ancien appartement ? Il faut trier, et retrier encore pour essayer d’optimiser un maximum… Ranger, puis redéfaire pour vérifier, puis finalement changer d’avis… et au final se rendre compte qu’on porte les mêmes vêtements la plupart du temps !

Tout ça est bien superficiel lorsqu’on a fait le choix d’une vie de nomade, et je me souviens bien que j’avais déjà relevé le défi de faire tenir huit mois de ma vie dans un gros sac dos, lors de mon périple en Nouvelle Zélande…

Finalement, on se contente de ce que l’on a et c’est surtout notre société de consommation qui nous crée des besoins ! Nous pour l’instant, on a surtout besoin d’un nouvel étai à moindre coût, d’un pilote automatique qui fonctionne, et de bottes étanches en cas de pluie intempestive !!!

Nous poursuivons donc notre longue liste de travaux, avec des hauts et des bas : en effet, très impatiente et stressée de prendre la mer trop tardivement dans la saison, je mets une pression d’enfer à Lionel pour que l’on puisse être prêts le plus rapidement possible et enfin démarrer notre nouvelle vie…

Mais une mise au point s’impose : on ne peut pas bâcler ce genre de préparatifs qui demandent réflexion et Lionel me rappelle que nous avons l’immense opportunité d’avoir cette place au port à Bandol et qu’il faut savoir en tirer le meilleur parti, c’est sans doute l’une des rares occasions où nous aurons tout sous la main, la possibilité de faire faire des devis un peu partout, de commander certaines pièces sur Internet et de demander conseils à droite à gauche afin d’avoir notre bateau le mieux équipé possible…

Je me fais donc une raison et me dis qu’il faut profiter de chaque instant, si nous sommes encore au port de Bandol en septembre et bien ce sera l’occasion également de profiter encore plus longtemps de nos proches, d’apprendre à vivre dans un espace contigu à deux, avec le loisir d’aller et venir librement !

Notre première étape sera donc d’établir des devis pour le remplacement de l’étai que nous avions cassé en Corse…

Dans un premier temps, nous nous rendons chez Russo, à la Seyne Sur Mer. Russo est un très gros magasin/artisan voilier, connu et reconnu pour sa qualité de travail et son immense expérience en matière de gréement… Il nous fait une offre de prix assez conséquente qui demande réflexion…

Puis en discutant avec Albert, notre « voisin » d’en face, depuis des années au port de Bandol et grand connaisseur en matière de navigation, il nous recommande d’aller voir Philippe, un petit artisan voilier sur le port.

Lionel s’y rend afin de récupérer un devis, pendant que je vais prendre les renseignements à l’aire de carénage, en vue de la mise hors de l’eau de notre bateau afin de repeindre la coque avec une peinture spécifique qui protège de la corrosion. Ils sont tous un peu étonnés de me voir débarquer mais j’apprends avec joie que les dix premiers jours de stationnement « à sec » sont gratuits en cette période de l’année, il n’y a que la mise sous sangle qui est payante ! Enfin une bonne nouvelle !!

En rentrant, je m’arrête chez Olivier, de Delta Voiles pour savoir si il a pu terminer l’équipement de notre deuxième grand voile, et au passage, s’il peut nous faire un devis pour le remplacement de l’étai… Malheureusement, il n’est pas assez compétitif sur ce genre de produits…

En revanche, Lionel revient avec d’excellentes nouvelles car Philippe, l’autre petit artisan voilier, peut avoir les pièces détachées pour l’étai, ce qui diminue considérablement la facture finale mais qui exige du boulot de notre côté !

Il nous faut démonter tout le tambour de l’enrouleur, vérifier si les roulements sont bons, faire redresser l’énorme pièce en inox qui a plié à l’avant, bref, ça ne nous fait pas peur, surtout grâce à l’aide précieuse de mon oncle Géo !

En effet, ancien directeur de Sud Marine, le bricolage de roulements ça le connaît ! Et surtout, parmi ses anciens fournisseurs, il compte notamment un chaudronnier inox, spécialisé dans l’industrie nautique ! Il nous organisera un rendez vous avec l’un des responsables pour revoir le portique que nous avions conçu à l’arrière pour les panneaux solaires, le radar et l’éolienne, un peu trop fragile au vue de notre parcours à venir !

Et par la même occasion, nous demanderons s’il est possible de refaire la pièce en inox à l’avant, au lieu de la faire redresser. En effet, il nous semblait plus sécurisant de refaire une pièce à neuf plutôt que de redresser l’ancienne, au risque de la voir se fissurer un beau jour et qu’elle casse soudainement, emportant avec elle l’étai, brisant des hublots, arrachant des winchs, bref, trop de catastrophes racontées pour prendre le risque !

Notre bateau, vue d'en haut !

Notre bateau, vue d'en haut !

Nous enchaînons les rendez-vous et réceptionnons les devis, mais nous réalisons que nous sommes tributaires des prestataires qui n’ont pas d’impératifs de délais…

Patience est donc notre maître mot ! Parallèlement, il faut songer à l’équipement de « confort » : investir dans des boites en plastique pour le rangement (surtout parvenir à trouver le format de boites adéquat pour rentrer dans les équipets !), trouver des revêtements antidérapants…Bref, un tas de petites choses qui prennent du temps mine de rien !

Il faut également revoir la pose des filets, ce qui prend un temps fou : il faut percer le rail de fargue tous les cinq centimètres afin d’y passer une cordelette pour que le filet soit tendu sur toute sa longueur… Un travail long et un peu abrutissant mais indispensable pour faciliter l’affalage des voiles d’avant en navigation !

Puis les allers-retours entre Six Fours et Bandol, à la recherche d’un réservoir d’essence à fixer sur le moteur de l’annexe… On en trouve un d’occasion sur le Bon Coin mais pas de bol, arrivés au bateau, non seulement on s’aperçoit que l’embout n’est pas le bon mais qu’en plus, la poire en plastique par laquelle l’essence arrive, se casse en deux, le restant de mélange huile/essence se répandant alors sur les bancs du teck… Obligés de ramener le réservoir à son ancien propriétaire, qui a déménagé entre temps, trouver donc un arrangement entre deux allers retours à Nice (oui, c’est pas drôle sinon !!) Bon, désormais, on sait comment récupérer les taches d’huile sur le teck, faut enduire la tache de K2R et le tour est joué !!

On complète également notre équipement par un fusil harpon, lui aussi trouvé sur le Bon Coin, mais en meilleur état que le réservoir (quoi que…) Il nous faut aussi un parasol car le soleil est encore très fort pour un mois de septembre et donc très utile pour les travaux d’extérieur et nos déjeuners « en terrasse sur le teck » !

Nous envisagions d’embarquer des vélos mais ça tient trop de place, on a tenté avec des vélos pliables mais même repliés, ils ne rentrent pas dans le coffre arrière (dommage, celui de Roger, notre voisin d’à côté avait l’air rudement bien) Tant pis, au pire, on se rabattra sur une trottinette tout terrain !!

Lionel se lance également dans la vidange du moteur du bateau, un Volvo 55CV. Encore tout un périple pour trouver le bon filtre, le préfiltre, obligés de courir les magasins de marine puis de voiture pour enfin trouver la bonne pièce ! Vidanger de nuit (bah c’est pas drôle sinon) et renverser un peu de gasoil dans le bateau, sous les tuyaux au moment de refermer le filtre… Essayer d’atteindre les traces de gasoil afin de limiter un maximum les odeurs néfastes…

Puis faire appel à tout notre voisinage, un samedi au moment de redémarrer le moteur qui ne redémarre pas… Merci à Jean Louis et Albert encore une fois pour leur aide précieuse ! Ce mois de septembre nous permet donc de faire mieux connaissance avec nos voisins, de discuter technique et d’obtenir de judicieux conseils et surtout de lier des amitiés qui nous l’espérons, traverserons les océans !

Rafistolage de la grand voileRafistolage de la grand voile

Rafistolage de la grand voile

En tant que résidant « au ponton », nous assistons également à une violente tempête !

Un matin, alors que nous bricolions à l’extérieur, le ciel devient tout à coup très menaçant, des grosses gouttes se mettent à tomber. Nous courons nous réfugier à l’intérieur quand tout à coup nous entendons un énorme bruit sur le toit. Puis deux, puis trois… Mince ! des énormes grêlons de la taille de glaçons sont en train de s’abattre sur le port !

Puis le vent se lève, la pluie redouble, il fait quasiment nuit et nous observons ce spectacle fascinant depuis nos hublots ! Le vent monte encore, la pluie se déchaîne, c’est une véritable tempête qui fait rage dehors…

Les bateau tirent avec une puissance immense sur leurs amarres, le vent violent les couche les uns sur les autres, à l’intérieur tout vole tellement le bateau gîte, c’est juste incroyable, je n’ai qu’une peur, qu’un des bateaux se détache et n’arrache le ponton avec lui et vienne se percuter sur les autres bateaux !

Je réalise tout à coup que nous sommes bien peu de choses et que se prendre une tempête de la sorte en pleine mer aurait été catastrophique !! Nous apercevons tout à coup le génois du bateau de notre voisin d’en face se dérouler sous la force du vent ! La voile flappe et finit par se déchirer dans la tempête, c’est un carnage, nous redoutons que nos panneaux solaires ne se brisent sous les grêlons !

Dès que la grêle s’amoindrit, Lionel enfile un casque et court affaler le génois du voisin avec l’aide d’Olivier, notre voisin de ponton qui vit sur son bateau lui aussi. Il nous révèle que l’anémo a indiqué plus de 63 nœuds pendant la tempête, soit plus de 110 km/h au port, c’est un record !!(qui nous aura valu une bonne bouteille de rouge de la part de notre voisin pour nous remercier d’avoir sauvé le reste de son génois !)

Les journées se suivent et les travaux avancent peu à peu... Du travail en collaboration avec mon oncle Géo au niveau de l'étai, ses relations et son expérience nous seront d'une grande aide. Nous nous rendons à l'atelier à Marseille pour finaliser la réparation des pièces. Un employé de chez Acti vient prendre les mesures et les emplacements de notre futur portique. Nous alternons les allers retours entre Nice et Bandol afin de régler (on l'espère!!) les derniers papiers concernant AB Energy et aussi de récupérer Téquilla, notre minette qui ne se fait décidément pas à sa nouvelle maison et nous la rapatrions donc à Miramas, chez « papi et mamie ».

Septembre, la douce vie de ponton...
Septembre, la douce vie de ponton...

Nous recevons également la visite de Bruno et Françoise, le témoin de mariage de Lionel. Pour fêter l'arrivée de leur futur bébé, on hisse Bruno en haut du mât, faut bien marquer le coup !

Grande surprise également de pouvoir accueillir mes oncles et tantes à bord, fraîchement rentrés de Crète ! On rentre tous mais nous resterons au port, c'est déjà tellement super qu'ils aient pu découvrir notre « maison flottante » Espérons qu'ils nous rejoignent un jour à l'une de nos escales !

Nous baignons dans cette vie au port qui nous convient bien : nos voisins skippers, Olivier, Christelle et Charly nous font partager leurs expériences de navigation lors de soirées bien arrosées.

La famille à bord !
La famille à bord !
La famille à bord !

La famille à bord !

Une future navigatrice ?!

Une future navigatrice ?!

Essais du pilote automatique, Le phare de la Fourmigue en cours de peinture, un bateau de pêche, départ de régate... La vie au port quoi !
Essais du pilote automatique, Le phare de la Fourmigue en cours de peinture, un bateau de pêche, départ de régate... La vie au port quoi !
Essais du pilote automatique, Le phare de la Fourmigue en cours de peinture, un bateau de pêche, départ de régate... La vie au port quoi !
Essais du pilote automatique, Le phare de la Fourmigue en cours de peinture, un bateau de pêche, départ de régate... La vie au port quoi !

Essais du pilote automatique, Le phare de la Fourmigue en cours de peinture, un bateau de pêche, départ de régate... La vie au port quoi !

Nous faisons découvrir le kite surf à Albert et Nicole lors d'un dimanche très venté : Lionel fera un tour devant Bendor pour le plaisir de tous (et surtout du sien!). Nous rencontrons un couple de jeunes retraités tout juste rentrés d'un tour en Méditerranée, à bord d'un bateau moderne et suréquipé. C'est super de pouvoir partager nos expériences respectives en terme de navigation, équipement, vie à bord...

Lionel en kite devant BendorLionel en kite devant Bendor
Lionel en kite devant Bendor

Lionel en kite devant Bendor

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