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Iti Manawa

Iti Manawa

Les périples océaniques d'Emmeline et Lionel à bord de leur voilier Iti Manawa


Un an déjà, cœur Grenadines !

Publié par Emmeline Moinier sur 19 Décembre 2015, 20:33pm

Welcome to the Grenadines

Welcome to the Grenadines

Récit de nos derniers mois passés à bord d'Iti Manawa, notre séjour aux îles Grenadines et le bilan après cette première année écoulée sur l'eau !

Juillet, Août, Septembre 2015

Les mois d'été sont passés à grande vitesse, Lionel a eu beaucoup de travail, les touristes semblaient apprécier ce super prof de planche à voile, d'ailleurs, ils n'ont pas tari d'éloges auprès des patrons à propos de ce ''moniteur chauve à la patience incroyable'' ! Et, il est même parvenu à relever cet incroyable défi : enseigner la planche à voile à sa femme ! Un véritable challenge que de transmette à quelqu'un d'aussi proche, surtout avec un caractère si trempé ! Mais l'envie de partager une passion commune, la curiosité de connaître cette sensation de glisse sur l'eau nous a tous les deux poussé à surmonter les difficultés normalement rencontrées dans un couple en situation d''' apprentissage'' !

Et je dois l'admettre, partir au ''planning'' donne des frissons, cette glisse sur l'eau est vraiment grisante, on en devient vite accro ! (même si je suis loin du niveau de Lionel, je comprends désormais cette recherche d'adrénaline sur les flots!).

Quant à Lionel, il s'initie au ''kite foil'', c'est à dire une planche de kite montée sur un mât d'un mètre environ, afin de ''planer'' plus rapidement, y compris quand le vent est faible. D'ailleurs, notre ami Bruno le shaper (le concepteur de planches et de vélos en bambous), développe son propre ''concept'' de foil et c'est Lionel le testeur... Les gens sont curieux de cet engin et posent de nombreuses questions lorsque Lionel est sur l'eau. Les meilleurs riders testeront également cette planche, et nous finirons, Lionel et moi, par arpenter le rivage, un soir, à la recherche des ''morceaux'' du foil, (loi du prototype oblige), qui a fini par casser alors que Lionel amorçait un virage...

Lionel sur son kite foil (prononcer ''foyl'')

Lionel sur son kite foil (prononcer ''foyl'')

Parallèlement, la saison cyclonique s'installe insidieusement... Le mouillage de l'Anse Mitan se vide peu à peu, les bateaux vont s'abriter dans la mangrove, réputée pour être des ''trous à cyclone'', où bien dans les Marinas. De moins en moins de bateaux prennent la direction du Sud des Antilles car la région du Vénézuela, généralement en dehors des routes cycloniques, subi trop d'actes de pirateries ces dernières années pour espérer s'y abriter sereinement.

Nous avons tous les yeux en permanence braqués sur la météo, bien que 2015 soit sous l'influence de ''EL Nino'', ce qui a priori, diminuerait les risques d'activités cycloniques importantes sur l'arc antillais. En effet, sous l'effet des courants d'El Nino, la température de l'eau en Atlantique se maintient relativement basse, on observe alors un certain déficit en chaleur et en humidité, et donc un moindre potentiel de développement des systèmes. Des eaux plus fraîches dans cette région sont directement liées à l'intensité des alizés de nord-est, lesquels ont été particulièrement soutenus au mois de juin, une autre des conséquences de El Niño...

Toutefois, mi-août, en Atlantique, nous voyons apparaître, une formation dépressionnaire qui se transformera bientôt en tempête tropicale, dont ''le cône d'incertitude'' englobe la Martinique... La tension monte chez les ''gens de bateau''... Nous sommes tous prêts à partir en cas d'alerte, la tempête peut frapper l'île même s'il elle semble prendre une direction plutôt Nord...

Certains retardataires sondent la mangrove, à la recherche des derniers ''bons coins'' pour s'abriter... De notre côté, avec notre quille à 2,55 mètres, la mangrove nous est interdite puisque la manœuvre consiste à enfoncer la proue du bateau au maximum à l'intérieur des arbustes afin d'amarrer solidement le bateau aux troncs les plus costauds... Nous décidons de nous tenir prêts à lever l'ancre en direction de Grenade en cas d'alerte puisque notre bateau est rapide... et puis nous préférons prendre la fuite plutôt que d'avoir à subir les affres d'une tempête...

Les vents annoncés ne semblent pas dépasser les 45 nœuds, on décide donc de rester mais de déplacer notre bateau au Trou Etienne, c'est à dire en face de la base nautique, ce qui nous évitera une éventuelle houle de Nord Ouest...

Nous y retrouvons La Flibuste et Ganesha, eux aussi à la recherche d'un abri en prévision de la houle... Nous passons la soirée tous ensemble chez les Ganesha, à boire et manger comme si c'était la dernière fois... (on sait jamais!). Puis dans la nuit, le vent se lève, quelques fortes bourrasques, de la pluie et des orages, le changement d'orientation du vent qui bascule Ouest tout à coup, suivi d'une journée pluvieuse et morne au cours de laquelle des bancs de sargasses viennent s'agglutiner dans la baie de Fort de France...

Les Sargasses, ces espèces d'algues noires, ont toujours existé dans les Caraïbes, elles nous ont ralenti lors de notre traversée de l'Atlantique, Christophe Colomb en parlait déjà à l'époque. Le problème c'est qu'avec la pollution, ces algues remontent désormais d'Amazonie et viennent s'échouer par milliers sur les côtes Ouest des différentes îles... La côte Atlantique est ravagée, certaines îles sont plus ou moins touchées et les superbes plages de sables blancs sont désormais recouvertes de ces algues en putréfaction qui dégagent une odeur nauséabonde...

Nous apprendrons qu'au cours de la nuit, la Dominique a été ravagée par les pluies et a subi d'importants glissements de terrain, emportant toutes les habitations précaires au passage... Le Nord de la Martinique a également subi de fortes rafales jusqu'à 45 nœuds... C'est pas passé loin finalement, mais nous avons été épargnés, du moins cette fois-ci !

Les orages se multiplient au cours du mois d'août, la chaleur augmente encore et devient insupportable tellement elle est chargée d'humidité ! D'ailleurs, à l'intérieur du bateau c'est la guerre contre la moisissure : les vêtements aussi bien que les aliments dans les placards sont recouverts de points verts... Obligés de tout laver, on enchaine les machines de sweat, polaires, pantalons, vestes de quart, chaussettes... bien inutiles dans les Antilles !

On s'organise des chouettes randonnées avec les copines, y compris équestres, un moment vraiment sympa que de se retrouver sur le dos de petits chevaux créoles à galoper sur la plage, quel bonheur de regarder la mer derrière deux petites oreilles ! Une chose est certaine, à cet instant présent, je suis dans mon élément ! Le bateau c'est bien, la mer c'est beau, mais les chevaux, c'est mieux ! D'ailleurs, nous nous offrons une balade Lionel et moi, le jour de son anniversaire... Il est beau mon chéri à cheval et en plus il se débrouille comme un chef, bientôt on aura notre ranch (pour l'instant, le pont du bateau est un peu limite...)

On reprend même l'escalade grâce à Virginie, une ''rescapée'' d'un accident de kite, donnée pour paralysée 8 mois auparavant ! c'est elle qui ouvre les voies les plus difficiles, une belle leçon de vie et de courage, un modèle à suivre ! On se fera quelques belles voies avec Sarah et Alex, mais nos meilleurs moments c'est quand même lorsque l'on est entre nanas, nos zygomatiques en souffrent encore (en plus de nos bras et jambes, c'est du sport aussi les parties de rigolades!!)

De belles rencontres également avec Christine et Vanessa, des ''connaissances'' de la danse africaine, en vacances en Martinique, qui deviendront vite de véritables ''amies'' avec qui nous passerons des moments de rires, de partages si riches à nos cœurs !

Balade à cheval avec Cécile et Marie !
Balade à cheval avec Cécile et Marie !Balade à cheval avec Cécile et Marie !

Balade à cheval avec Cécile et Marie !

Avec Blacky, petit cheval créole !

Avec Blacky, petit cheval créole !

Cession ''grimpe'' avec les copains !
Cession ''grimpe'' avec les copains !

Cession ''grimpe'' avec les copains !

Avec Vanessa et Christine, ''alias Marrainne''

Avec Vanessa et Christine, ''alias Marrainne''

Lionel a terminé son contrat de travail le 1er septembre et il s'est alors lancé dans l'apprentissage de la stratification auprès de Bruno afin de réaliser lui même ses planches et pourquoi pas les commercialiser un jour !

Il a également franchi un cap, un peu différent de ceux franchis jusqu'à présent, celui de son anniversaire, fêté à la base nautique avec tous nos copains voileux et non voileux ! Il a a soufflé toutes ses bougies malgré l'absence de nos familles et amis métropolitains...

Puis le temps est venu de lever l'ancre à nouveau pour qu'Iti Manawa vogue de nouveau sur les flots caribéens... Il a donc fallu nettoyer la carène sur laquelle s'était aglutiné tout un éco système de crabes, mollusques et algues diverses... Puis adapter notre davier à notre nouvelle ancre de 25 kilos avec l'aide de Christophe, le soudeur sur sa barge !

Bref, tout un tas de petits travaux d'entretien nécessaires après de si longs mois passés au mouillage... Le départ n'a pas été évident, on prend vite ''racine'', les algues sur notre chaîne et la coque de notre bateau en témoignent !

Il faut aussi s'occuper de l'avitaillement et du rangement ''intérieur'' du bateau, c'est à dire tout recaler à sa place, emballer dans des sacs étanches les vêtements non nécessaires et les débarquer à terre, recharger tous le matériel ''perso'' de Lionel... bref, des allers-retours en annexes les bras chargés à ras bord à chaque tour !

Et la veille de notre départ, alors que nous étions avec Cécile et Bruno au Marin, Lionel reçoit tout à coup un appel de Guillaume à la base nautique : l'ancre de notre bateau a soudain décroché suite à une rafale de vent plus forte que les autres et Iti Manawa dérive lentement au milieu de la baie, la côte se rapprochant dangereusement des flancs du navire... Fort heureusement, la bateau étant resté ouvert et les clés sur le contact, nos amis de la base nautique ont pu intervenir rapidement et mettre notre ''maison'' en lieux sûrs... Il s'avère qu'en remontant l'ancre, une chaise pliante s'y était coincée, d'où le dérapage... L'incident serait survenu en dehors des horaires d'ouverture du club, on aurait tout perdu et notre escale dans les Grenadines se serait transformée avec un bateau encastré dans la digue du Trou Etienne... On leur doit une fière chandèle aux amis de la base nautique !

Anniversaire de Lionel au club, soirée raclette en amoureux
Anniversaire de Lionel au club, soirée raclette en amoureux
Anniversaire de Lionel au club, soirée raclette en amoureux

Anniversaire de Lionel au club, soirée raclette en amoureux

JEUDI 8 OCTOBRE 2015

Iti Manawa pointe enfin son étrave en direction de Sud des Antilles, les Îles Grenadines plus exactement, fameux chapelet d'îles paradisiaques, tant convoitées par tous les plaisanciers !

Le temps est maussade, le ciel bas, la journée fut ponctuée de grains fréquents et les derniers draps lavés le matin même ont du mal à sécher ! Mais qu'importe, nous sommes heureux de naviguer vers de nouveaux horizons, les fameuses îles Grenadines dont on nous a tant parlé !

Le vent est complètement nul, la mer est d'un calme absolu comme on l' a rarement vue... On hisse tout de même nos voiles et nous voyons s'éloigner peu à peu la base nautique, puis la Pointe du Bout, enfin... On était là pour voyager pas pour s'installer même si c'est important d'avoir un ''camp de base''... Bref, après plus de deux heures à ''naviguer'' en baie de Fort-de-France, Iti Manawa se traîne, comme s'il avait perdu l'habitude de naviguer, de sentir l'eau couler le long de sa coque. La nuit tombe avec toujours cette inquiétude qui l'accompagne, pour ma part, en navigation...

Nous nous faisons héler par les Douanes qui multiplient leurs contrôles ces derniers temps... Simple formalité de contrôle d'identité... Mais le bateau n'avance décidément pas... C'est donc sur mon insistance que nous décidons de finalement passer une dernière nuit en Martinique, à Anse Chaudière, histoire de partir requinqués et de dire au revoir aux tortues de Martinique !

Le lendemain matin, le soleil brille de mille feux, l'équipage est requinqué et une petite brise de 20 nœuds nous accompagne pour traverser le canal de Sainte Lucie. Le vent est orienté Est/Sud Est, nous naviguons au près bon plein sous génois seul, et nous avançons à 7 nœuds de moyenne. Cette journée me permet de me remémorer les principales manœuvres, pour ma part un peu oubliées durant ces 6 derniers mois...

Nous passons très au large de Sainte Lucie pour ne pas subir la dévente sous le vent des îles. Le temps, nuageux, ne nous permet pas d'apprécier la vue sur les pitons de Sainte Lucie. Puis le jour tombe peu à peu et la mer se relève avant d'attaquer le canal entre Sainte Lucie et Saint Vincent des Grenadines. La houle croisée nous arrose copieusement et la bateau file désormais dans la nuit noire sans lune. Au loin, nous apercevons des éclairs, hum, jamais de bonne augure en bateau, le tonnerre se met à gronder, l'orage semble devant nous... Nous décidons de tirer un bord afin de l'éviter et d'attendre qu'il passe sa route... De mon côté, les navigations ''chahutées'' ne m'inspirent toujours pas et confirment que l'eau n'est décidément pas mon élément !

Nous reprenons malgré tout notre cap et tandis que Lionel pique un somme en bas, je m'affole en ne sachant pas distinguer un énorme nuage de la terre ! Je n'ai plus aucun repère et le GPS semble m'indiquer la terre mais je n'aperçois aucune lumière, je doute et je réveille prestement le capitaine !

En effet, nous approchons de Bequia, l'île qui succède Saint Vincent. Mais sur cette côte là et sans l'aide de la clarté de la lune, impossible de distinguer une quelconque lumière indiquant l'approche de la terre... Le Guide Patuelli, l'équivalent de la bible du navigateur aux Antilles, déconseille l'arrivée de nuit dans la baie de Bequia car le fonctionnement des bouées est plutôt aléatoire... ce qui entraîne de vives discussions avec le capitaine qui décide malgré tout d'aller ancrer dans la baie.

Nous apercevons enfin quelques lumières, nous ne savons pas si ce sont les feux de mouillage des bateaux ou bien celles des maisons. Nous approchons tout doux et nous finissons par jeter l'ancre... Il est 3 heures du matin, on est bien fatigués par cette navigation plus sportive que prévue et on se couche vite fait... Mais trois heures après, nous sommes réveillés en sursaut par un grain blanc qui atteindra les 35 nœuds... Le bateau chasse sur son ancre, il pleut des cordes et à travers les hublots, je reconnais le bateau de La Flibuste et Ganesha, nous avons mouillé juste derrière nos ''boat copains'' sans le savoir !

Nous gréons l'annexe et nous rendons visite à nos voisins qui nous accueillent par un coup de rhum vieux (et d'un peu de café!). Ils nous indiquent où se trouvent les douanes et où trouver du pain, c'est important !

Le lendemain, le temps est maussade... Notre soif de découvertes nous pousse quand même à aller arpenter les chemins et routes de l'île malgré le crachin breton qui sévit... Au somment, nous sommes récompensés par un joli point de vue sur Les Grenadines, quoiqu'un peu terne à notre goût ! De retour au village, nous assistons à une campagne électorale ''locale'', le futur président promet l'ouverture d'un cabinet dentaire et d'un centre de soin (il y'en aurait bien besoin en effet!) La bière et le ''rhum punch'' coulent à flot, la musique bat son plein et nous pique-niquons dans cette ambiance festive !

Départ du Trou Etienne et arrivée à Bequia, temps maussade !Départ du Trou Etienne et arrivée à Bequia, temps maussade !Départ du Trou Etienne et arrivée à Bequia, temps maussade !
Départ du Trou Etienne et arrivée à Bequia, temps maussade !Départ du Trou Etienne et arrivée à Bequia, temps maussade !

Départ du Trou Etienne et arrivée à Bequia, temps maussade !

Puis nous pointons enfin l'étrave vers les fameux Tobago Cays, l'un des joyaux des Caraïbes : un quatuor d'îles paradisiaques bordées par une immense barrière de corail. Après avoir croisé la route d'un cachalot, nous découvrons enfin ce petit paradis au coucher du soleil...

Une légère brise permet à Lionel une rapide cession de kite surf alors que je me promène avec Marie sur Baradal, au milieu des tortues et des iguanes... Le soleil se couche et nous espérons de belles éclaircies pour la journée suivante afin d'apprécier pleinement la beauté du site.

C'est chose faite, nous sommes réveillés par un soleil radieux, nous chaussons palmes masque et tuba et nous allons rencontrer les tortues marines... Nous en croisons de nombreux spécimens en train de brouter les herbiers qui tapissent les fonds... Dans l'eau, elles se déplacent avec une légereté et une nonchalance caractéristique, c'est vraiment somptueux de pouvoir approcher et partager un moment avec ces gentils reptiles préhistoriques !

Nos yeux ne se lassent pas de ce camaïeu de couleurs, du bleu turquoise au vert émeraude en passant par le bleu roi, c'est presque irréel, digne des plus belles cartes postales. Du bateau, on observe les tortues qui viennent respirer à la surface, on entend les vagues qui viennent se briser sur la barrière de corail , et l'île de Petit Tabac, en toile de fond, posent un véritable décor de cinéma !

Pour couronner le tout, après avoir plongé le long de la barrière de corail en compagnie des plus beaux spécimens de poissons tropicaux et de coraux multicolores centenaires, la soirée se clôture par un barbecue de langoustes, oursins et lambis sur la plage avec nos amis de bateau...

Nos yeux, notre cœur et nos estomacs sont enfin repus et remplis de belles et bonnes choses offertes par Tobago Cays !

Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !
Tobago Cays, désertique !

Tobago Cays, désertique !

Notre parcours se poursuit par la visite de l'ile de Mayreau, peuplée d'une centaine d'habitants, bordée de plages de sable fin et arborée de cocotiers...

Notre premier mouillage à Salt Whistle Bay nous offre un panorama atypique : une langue de sable ornée de quelques cocotiers sépare une plage calme en mer des Caraïbes, des tumultes de l'océan Atlantique... Du coup, pendant que je plonge découvrir les coraux et poissons d'un côté, Lionel peut aller kite surfer dans les vagues et les vents à seulement quelques encablures... Idyllique, surtout que seulement trois bateaux peuplent ce petit mouillage, vive la hors saison !

Nous profitons d'une journée radieuse pour faire le tour de l'île à pieds en compagnie de Fred, Christian, Marie, Yoann et quelques chiens trouvés sur la route ! Au détour de petites criques sauvages, les panorama sont à couper le souffle, le dégradé de bleus continuent, sans lassitude pour les yeux ! Une rapide baignade suive d'une halte rafraîchissante chez Robert, une figure emblématique de l'île, passionné de Bob Marley... et Céline Dion. Fier de nous montrer l'agrandissement de la piste de danse, il nous promet de belles soirées de ''mix'' dès le retour de la pleine saison ! Notre séjour à Salt Whistle Bay se prolonge pour le plus grand plaisir de l'équipage car le coin est quasi désert et la luminosité à son comble !

Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay
Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay

Mayreau, notre île ''coup de coeur'' Mouillage de Salt Whistle Bay

A quelques miles à peine, nous voilà mouillés à Saline Bay, face à une immense plage de sable dorée, bordée d'une jolie crique plongeant dans le bleu de la mer des Caraïbes. L'occasion de retrouver nos acolytes autour d'un délicieux gigot à bord de la Flibuste, et d'assister à notre premier rayon vert : le dernier rayon du soleil couchant prend soudain une teinte verte avant de plonger derrière l'horizon ! C'est très rare de pouvoir l'admirer car plusieurs conditions doivent être réunies : absence totale de nuages, pas de brume de sable, un grand soleil, depuis le temps qu'on en parlait et qu'on l'attendait ! Une soirée mémorable en agréable compagnie, à l'écoute des rocambolesques histoires de navigation notre doyen Captain (80 ans au compteur et deux tours du monde!) ! Encore une fois, heureusement que la police ne patrouille pas pour des contrôles d'alcoolémie en mer ! C'est notre foie qui morfle, pas de répit !

Après un rapide mouillage devant Palm Island, une île privée réservée aux millardaires, qui recèle une vague que les garçons iront surfer, nous posons cette fois-ci notre ancre devant la plus petite île jamais vue : Morpio. Cet îlot de sable blanc, planté d'une minuscule paillote trône au beau milieu de la barrière de corail, c'est inouï ! Nous partons à la découverte des fonds tapissés de coraux aussi variés les uns que les autres, les poissons pullulent et nous savourons le plaisir de nous rouler dans le sable blanc de cette île ''privative''. Puis, avec notre petite annexe, nous décidons de nous rendre sur les brisants, un peu plus au large, juste à côté de Petit Saint Vincent, afin que les garçons testent ce nouveau spot de glisse ! Pour ma part, je redescend tranquillement en paddle face au soleil couchant jusqu'à notre bateau qui trône sagement à côté de sa petite paillote... Un décors paradisiaque idéal pour savourer un apéro suivi d'un repas entre amis à la lueur de la lune et de la voie lactée...

Dès le lendemain, nous rapprochons les bateaux au plus près de la barrière de corail, juste derrière les petits rouleaux de l'Atlantique, les garçons souhaitant exploiter les vagues alentours ! Nous allons nager avec Marie à la rencontre des poissons dans une eau turquoise... Puis nous profitons de l'absence totale de vent (période cyclonique oblige) pour ramer en Paddle autour de Petit Saint Vincent, une île privée réservée aux seuls clients de deux luxueux hôtels...

Une météo radieuse nous permet de profiter pleinement de ces mouillages habituellement très rouleurs et vite inconfortables ou dangereux lorsque les alizés sont à leur paroxysme.

Notre tournée des Grenadines continue, ce soir c'est à Clifton que nous mouillons, un point de ravitaillement sur l'île d'Union. L'occasion d'aller boire un verre en ''ville'' avec quelques locaux et de faire le plein de fruits et légumes (et surtout de se faire dévorer par les moustiques qui ont survécu à l'ensevelissement d'anciens marécages alentours) !

Puis le vent semble pointer son nez, nous voilà alors à quelques encablures, à Fregate Island afin que les garçons profitent d'une cession ''kite''. Mais les grains fréquents rendent la navigation aléatoire et Yoann finit son vol dans les oursins, sa planche s'enfuit par la passe du lagon. Voilà nos deux acolytes sur leur annexe à arpenter les côtes à la recherche de la planche perdue. Ils reviennent avec la banane, c'est bon signe ! Mais l'humidité ambiante encourage l'éclosion de nouveaux moustiques très vifs et après avoir été promener à Ashton à la recherche désespérée d'un bout de pain, me voilà recouverte de piqûres ! Je passerai la nuit emmitouflée dans la moustiquaire, à l'affut du moindre bourdonnement louche...

Le tour de l'île d'Union se termine à Chattam Bay, une immense baie formée par un ancien cratère volcanique, sans accès routier. Nous y retrouvons avec joie l'équipage de La Flibuste, contraint de rester prêt des côtes pour le confort de Caya, notre chien mascotte local (et aussi mastoque même si en voie d'amincissement). Christian, Marie, Yoann, Lionel, Caya et moi gagnons de la hauteur afin d'atteindre un joli point de vue sur toute la baie où seuls nos trois bateaux nous attendent sagement. Nous croisons la route de plusieurs tortues de terre, et celle de nos ennemis les moustiques, grhh, finalement, il faut bien le reconnaître, la vie en bateau nous épargne largement de ces terribles bestioles qui pullulent à terre sous les tropiques !

Le soir, nous décidons d'aller boire un verre à terre, dans un bar local... Nous faisons la connaissance de Pleasure, le tenancier ! Nous discutons du mode de vie Rasta, autour de la table à peine éclairée par une led et enfumés d' un épais nuage afin de chasser les moustiques. Autour de nous sont assis les ''fisherman'' qui débrienfent de leur journée de pêche, le ''ganjaman'' qui nous propose sa marchandise à des prix attractifs, le doyen, levé au chant du coq... La soirée se termine en un bœuf sympathique au cours duquel Lionel montrera ses talents de percussionniste au djembé, accompagné d'un guitariste édenté et mal accordé, sur les chants improvisés du grand Pleasure. Un moment de partage simple et convivial, où le temps se suspend, où la vie devient tout à coup si facile et évidente, ''don't worry, just be happy man'' !

Une petite houle de Nord crée une vague à l'extrémité Sud de la baie pour la plus grande joie des garçons qui améliorent leur technique de surf ! Les fonds ne sont pas exceptionnels mais j'observe tout de même plusieurs bancs de poissons aux couleurs vives et quelques tortues sauteuses !

Nous profitons de ce mouillage trois jours d'affilée, car pour ma part un peu lassée de devoir lever l'ancre tous les jours ! L'occasion d'aller randonner autour de l'île et de bénéficier de nouveaux points de vue sur les Toabago Cays et la baie au Nord d'Union, entre deux gouttes puisque le temps est redevenu maussade...

Une dernière halte à Saline Bay nous permettra de plonger à la découverte de ses jolis fonds marins, de faire connaissance avec la boulangère locale du village (ici, le pain est à venir chercher chez l'habitant, atypique!) et de partager un dernier apéro accompagné d'une langouste royalement préparée par Marie et Yoann, nos papilles en frétillent encore de bonheur ! En effet, c'est la fin des vacances pour l'équipage de la Flibuste, qui reprend la direction de l'Anse Mitan en Martinique, les Ganesh restent par là en attendant l'arrivée des Pap's, c'est-à-dire Cécile et Bruno, et quant à nous, direction Kingston à Saint Vincent pour récupérer mon cher fréreau qui vient passer 15 jours à bord !

Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !
Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !
Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !
Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !
Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !
Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !
Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !

Saline Bay à Mayreau, Petit Saint Vincent, Fregate Island et Chattam Bay sur Union Island... On est seul au monde ! Juste Caya qui fait du paddle avec Christian !

29 octobre 2015

Iti Manawa est mouillé à Young Island, une petite île en face de Saint Vincent, à une dizaine de kilomètres de l'aéroport où mon frère Brice atterrit dans quelques heures... Nous avons grand hâte de le retrouver et de lui faire partager un ptit bout de paradis des îles Grenadines !

Nous l'attendons au bar du coin, je ne sais pas si c'est le fait que nous soyons en hors saison, mais l'environnement est un peu glauque. Pas grave, c'est juste pour la nuit, demain nous lèverons l'ancre en direction de contrées plus accueillantes ! Son vol a presque deux heures de retard, bienvenue aux Antilles !

Enfin, nous apercevons les phares d'un taxi au loin et j'ai enfin le bonheur de serrer mon frère dans mes bras après un an de séparation ! Mais les retrouvailles seront rapidement troublées par quelques gouttes de pluie... Nous pensons tout d'abord à un grain, un classique sous les Tropiques, après une courte hésitation, nous décidons de nous abriter sous un porche le temps de l'averse... Au bout de plusieurs longues minutes, la pluie ne cesse d'augmenter pour devenir diluvienne, un véritable déluge comme nous en avons rarement vu depuis que nous sommes aux Antilles... Certes, nous sommes toujours en saison des pluies, mais la période cyclonique touche à sa fin et nous sommes surpris de l'intensité et de la durée de l'averse... Les cafards nous tiennent compagnie sous notre abri de fortune, Brice a troqué ses tongs contre ses baskets mais une paire de bottes aurait été plus appropriée sans doute... Une courte accalmie nous permet de sauter dans l'annexe qui baigne dans plus de 15 cm d'eau, incroyable !

Arrivés au bateau, je réalise soudain que les hublots de la cabine de mon frère étaient restés ouverts le temps d'aller à terre... OOOuuupss... Sa chambre est littéralement inondée : l'eau ruisselle et s'infiltre dans les moindres recoins, les matelas sont détrempés, le tapis fait office de serpillère... Me voilà à éponger au maximum, sortir et essorer tous les draps et c'est alors que la pluie refait son apparition... Nous sauvons inextremis un des matelas mais il faut caser l'autre à l'intérieur, il est gorgé d'eau... à l'intérieur c'est l'étuve... Pauvre Brice, lui qui aspirait à une bonne nuit réparatrice après presque deux jours de voyage et une bonne bronchite, ça commence sur les chapeaux de roue ! Lionel, avec son réconfort et optimisme naturel s'empresse de servir des Ti Punch à notre nouvel invité afin de faire passer la ''pillule''... En même temps, notre cabine à nous, elle était bien fermée, ce soir le capitaine dormira dans des draps secs, lui...

La pluie se poursuit une bonne partie de la nuit, le grain s'avère être une onde tropicale localisée dans le Sud. Au matin, nous étendons les draps et partons visiter la petite île. Les nuages sont menaçants et ne présagent rien de bon... A notre retour, nous déplorons la noyade d'un de nos draps. Voilà donc Brice et Lionel parés de leur masque et palmes à la recherche d'un bout du lit... Ils reviennent glorieux de leur prise, une bonne occasion d'apprendre à Brice comment optimiser le port du masque et des palmes, des équipements indispensables en bateau !

Nous nous empressons de quitter Saint Vincent et ses nuages accrochés au relief pour rejoindre Bequia. Brice barre Iti Manawa avec brio, même pas malade alors que nous traversons tout de même un canal réputé ''cahotique''. A Bequia, nous retrouvons le soleil et les vacances peuvent désormais enfin commencer ! Les garçons descendent à terre pour se rendre à la banque. ''Friday night'' oblige, ils testeront la boisson locale, le rhum punch à 72°. Puis quelques bières pour finir la soirée en compagnie de l'équipage de la Flibuste, eux aussi en ''escale'' avant leur retour en Martinique ! Fallait bien ça pour se remettre de cette première navigation réussie avec brio !

Arrivée de Brice et première navigation, première plongée !
Arrivée de Brice et première navigation, première plongée !Arrivée de Brice et première navigation, première plongée !

Arrivée de Brice et première navigation, première plongée !

Puis nous prenons la direction de Canouan, une île que nous n'avions pas encore eu le temps de visiter. En chemin, les garçons posent deux lignes de traine derrière le bateau que Lionel avait soigneusement préparé la veille en s'armant d'énormes hameçons et de fils capables de remonter des poissons de plus de 80 kilos. Lionel et la folie des grandeurs !

Alors que nous mangeons patiemment notre repas, tout à coup, la canne à pêche s'emballe, tout le fil se dévide et là, un énorme animal se débat dans le sillage du bateau. Les yeux rivés sur la bête, nous nous apercevons que le fil a cassé et que l'espadon de plus de deux mètres fait des bons en l'air pour se débarrasser de l'hameçon et du leurre rose fluo auquel il est relié... Nous sommes ébahis , un espadon ! Nous le voyons s'éloigner et nous espérons qu'il se remettra de sa blessure... On est à la fois peinés et soulagés... En fait, nous constatons que c'est le nœud qu'avait fait Lionel sur la ligne qui s'est détaché, un comble sachant qu'il venait juste d'expliquer à Brice les différents nœuds de marin... En même temps, je ne suis pas sûre que nous soyons des pêcheurs suffisament aguerris pour remonter un poisson de cette taille, surtout avec son rostre pointu, ça aurait été compliqué... C'est peut être mieux ainsi... En même temps, je m'étais déjà imaginée en train de cuisiner ce délicieux poisson de différentes manières...

Arrivés à Canouan, nous sommes seulement deux bateaux dans la baie et nous repensons à notre prise en imaginant que désormais, un espadon nage parmi les eaux avec un leurre en forme de pouple rose fluo au coin de la bouche... On lui souhaite bonne chance pour la suite, ça va pas être facile d'assumer auprès des copains, il risque d'être la risée des petits poissons...

Lendemain matin, cours de paddle pour Brice ! Nous arpentons l'immense baie à la rame, mon frère commence à trouver l'équilibre même si c'est encore fragile ! Il s'en ressortira avec de bons coups de soleil... Et surtout une bonne fringale ! Nous mangeons ''local'' dans un restaurant ''local'', atypique et dépaysant, la déco c'est pas leur fort même si leur poisson est très bon ! Puis Brice, se fait un petit somme sur la plage ''abandonnée'' pendant qu'avec Lionel, nous gravissons le point culminant de l'île pour un point de vue global sur la grande barrière de corail qui ensserre Canouan. En chemin, nous croisons de nombreuses tortues de terre et des troupeaux de chèvres et vaches en liberté, le village semble encore préservé du tourisme...

Le matin, réveillés par le ''klaxon'' d'un petit cargo faisant escale au port, nous prenons la direction de Salt Whistle Bay, à Mayreau. Et là, le charme opère à nouveau ! Cette petite crique paradisiaque bordée de cocotiers enchante mon frère ! Plongée parmi les coraux et les poissons après remise en état du masque de Brice, surf pour Lionel côté Atlantique. Et le soir, nous sommes bons pour un apéro en bonne et due forme avec toutes les frasques du capitaine et de son mousse ! Quel équipage !

Le soleil nous accompagne lors de notre randonnée autour de l'île, et le vent souffle pour le plus grand plaisir de Lionel ! Les couleurs resplendissent toujours autant qu'au premier jour, la vue sur les Tobago Cays de la petite église perchée en haut du village ravit toujours autant les pupilles ! Avant de reprendre notre route, nous décidons une nouvelle fois de manger local... Tout une histoire, nos assiettes sont arrivées en livraison spéciale... ça a mobilisé toute la communauté et nous avons dû patienter plus d'une heure pour manger du simple poisson avec des frites, sans doute cuisinés dans l'un des retau du village que nous venions de traverser ! Pas grave, le cadre d'attente était plutôt agréable malgré nos estomacs affamés !

Premier cours de paddle pour Brice à Mayreau ! En kite, c'est Lionel !
Premier cours de paddle pour Brice à Mayreau ! En kite, c'est Lionel !
Premier cours de paddle pour Brice à Mayreau ! En kite, c'est Lionel !

Premier cours de paddle pour Brice à Mayreau ! En kite, c'est Lionel !

Puis le temps venu, nous décidions de rejoindre nos acolytes Cécile et Bruno, Yoann et Marie, mouillés non loin de la fameuse petite île de Morpio. Nous retrouvons nos amis sur cet lopin de sable dont nous aurons vite fait la visite avec Brice !

Pour fêter les retrouvailles, nous organisons un apéro à bord d'Iti Manawa... Alors que nous savourons Ti Punch et rillettes de fromage, le vent forcit peu à peu et soudain, Yoann réalise que son annexe s'est détachée et qu'elle part à la dérive ! Il embarque avec Lionel dans notre annexe pour secourir le pneumatique ! Sur ce, Marie réalise soudain que leur bateau (le gros cette fois-ci) dérive lui aussi à son tour ! Avec Cécile et Bruno, ils sautent dans la dernière annexe dispo pour aller sauver Ganesha dont l'ancre a dû décrocher sous l'effet d'une rafale ! Le bateau se vide soudain de tous ses invités et nous nous retrouvons avec Brice, désemparés ! Fort heureusement, l'ancre de Ganesha est remontée sans encombres, le dinghy est récupéré, chacun regagne alors sa maison flottante afin de passer la nuit... Mon frère n'est pas rassuré, en arrivant, il avait d'ailleurs été étonné que nous envisagions de passer la nuit au beau milieu du lagon, perdus sur la mer... Ce que pourtant, nous avions déjà fait trois semaines auparavant, sans encombre ! Mais là, les conditions météorologiques n'étaient pas les mêmes, aucun des équipages des trois bateaux n'avait anticipé l'onde tropicale qui se dirigeait droit sur nous... Nous décidions de veiller les uns sur les autres, pensant qu'il s'agissait juste d'un simple grain. Ganesha regagnant Petit Saint Vincent à quelques miles pour un mouillage plus sécurisant, les fonds étant de moyenne tenue sur la zone... Nous passons une nuit mouvementée, bringebalés par les fortes rafales de vent, à surveiller périodiquement notre position GPS... Au matin, nous observons une barre nuageuse et orageuse en travers du ciel qui se rapproche doucement... C'est à ce moment là que Lionel décide d'aller essayer son nouvel investissement : un kite sur foil confectionné par Bruno, présent à bord le temps d'un café.

Nous essayons d'alerter Lionel au vue de l'état du ciel... Mais rien n'y fait, il tire quelques bords puis lorsque le vent se met à forcir à l'approche du front, il décide alors de rentrer... C'est là que les choses se corsent : une mauvaise manipulation l'empêche de larguer son aile. La mer se met à blanchir, ça urge, il faut que cette satanée aile aterrisse immédiatement ou bien Lionel se retrouvera catapulté dans je ne sais quel coin de l'Océan. Bruno décide d'intervenir et me demande de conduire l'annexe pendant qu'il essaye d'intercepter l'aile. La manœuvre est délicate, il faut éviter de se prendre dans les lignes sous peine de se faire déchiqueter, alors que la mer grossit... Une fois attrapée, l'aile est dégonflée et rapatriée dans l'annexe et nous partons repêcher Lionel à la dérive. Il faut alors remonter au vent, je suis aux commandes de l'engin, des vagues nous recouvrent intégralement, des litres d'eau de pluie m'aspergent littéralement et je te tente de regagner nos bateaux. J'aperçois mon frère qui nous observe, inquiet... Une fois à bord, nous sommes rincés et quittes pour une grosse frayeur... L'orage se met à gronder, la mer se déchaîne sur nos deux bateaux perdus au milieu de cette étendue d'eau... Nous dérapons tout doucement, nous restons aux aguets et dès que le temps se calme, nous rejoignons Ganesha sous le vent de Petit Saint Vincent. Abrités de la houle, bien ancrés sur fond sablonneux, la tempête fait rage dehors et nous sommes soulagés d'avoir regagné un abri plus sûr ! Pour reprendre des forces, et faire passer le temps, l'après-midi, nous cuisinons des galettes au sarrasin et jouons à des jeux de société ! Bah oui, un temps typique à crêpes, délicieuses en plus (le capitaine a fait comme il a pu pour se faire pardonner de son inconscience matinale!!) !

Le lendemain matin, après une nuit humide et ventée, le soleil fait son grand retour pour le bonheur de tous ! Nous décidons de congédier le sort et de retourner plonger à Morpio afin d'apprécier à leur juste valeur la beauté des fonds marins ! Avec le soleil et la mer calme, le décor est en effet bien plus agréable et appréciable, surtout après les dernières heures passées ! Les poissons semblent aussi tous au rendez-vous pour profiter de cette belle éclaircie, ils nous font un vrai défilé ! Et quelle joie de se rouler dans le sable fin de l'île, on est comme des gamins et surtout tellement soulagés que cette vilaine tempête soit déjà loin ! Nous ne pousserons pas le vice à passer une nuit supplémentaire dans les parages et nous décidons donc de rejoindre les fameuses Tobago Cays !

Tempête aux Grenadines ! Le chef en cuisine !
Tempête aux Grenadines ! Le chef en cuisine !
Tempête aux Grenadines ! Le chef en cuisine !

Tempête aux Grenadines ! Le chef en cuisine !

Le soleil se couche sur ce chapelet d'îles mais nous pouvons déjà en apprécier toute sa splendeur ! Puis nous regagnons la terre afin de savourer les délicieuses langoustes de notre ami Jean-Claude et surtout de fêter tous ensemble l'anniversaire de Yoann ! Une soirée mémorable dont nos papilles se délectent encore !

Au matin, le programme c'est nage avec les tortues, et nous ne seront pas déçus ! Elles s'étaient toutes donné rendez-vous pour accueillir Brice, nous croisons même une raie qui vole, majestueusement au fond de l'eau! Nous savourons ce moment magique avec un immense bonheur, quelle chance inouie de vivre de telles expériences !

Puis nous prenons un peu de hauteur afin d'admirer le majestueux panorama qui s'offre à nous... Les couleurs sont toujours aussi chatoyantes, et nous jouons les Robinson Crusoe pendant quelques heures : Brice nous ramène de la noix de coco que nous savourons avec grand plaisir, avec Petit Tabac, l'île aux cocotiers en toile de fond...

Le soleil disparaît peu à peu derrière l'horizon, nous profitons d'un ciel en feu et d'un bon repas de pâtes partagé entre amis à bord de Pap's, l'occasion pour Brice de découvrir un autre type de bateau et de goûter aux plaisirs simples de la vie en mer !

Une dernière journée aux Tobago Cays, entrecoupée de grains et de belles éclaircies nous permet d'aller nager jusqu'à la barrière de corail tandis que Lionel chausse son kite surf... Un moment féerique à nager parmi les coraux et les poissons tropicaux malgré le courant fort contre le quel nous luttons pour avancer et assouvir notre soif de découvertes ! La journée se poursuit alors que le ciel se charge peu à peu de nuages gris et que le ciel commence à se zébrer d'éclairs...

Nous levons l'ancre pour un mouillage plus abrité, à Saline Bay, côte sous le vent de Mayreau. Nous quittons les joyaux des Tobago Cays, des images gravées à tout jamais dans nos mémoires... Nous empruntons la passe Nord, à quelques mètres de nous, les vagues déferlent sur la barrière de corail, pas le droit à une erreur de direction !

Brice fait connaissance avec les copains et les Langoustes !
Brice fait connaissance avec les copains et les Langoustes !Brice fait connaissance avec les copains et les Langoustes !
Brice fait connaissance avec les copains et les Langoustes !

Brice fait connaissance avec les copains et les Langoustes !

Suite à un point météo grâce à accès Internet, nous découvrons avec effroi que la grosse onde tropicale que nous avons subi deux jours auparavant s'est transformée en tempête tropicale, que des pluies diluviennes ont recouvert la Martinique causant de gros dégâts et que cette tempête s'est par la suite transformé en un petit cyclone au large des îles... Aucun modèle météo n'avait anticipé ce phénomène très soudain et surtout très tardif dans la saison. Les conséquences auraient pu être bien pires car aucune alerte n'avait été lancée... finalement, à part une petite frayeur et des nuits sans sommeil à veiller, nous nous en tirons pas si mal !

Mais le temps reste perturbé et les prévisions annoncent le passage d'une nouvelle onde pour les jours à venir... En effet, la bateau est chahuté toute la nuit, les éclairs illuminent le ciel sans étoiles et chargé à bloc, encore une fois, je passe ma nuit à veiller afin d'éviter un éventuel dérapage de notre part ou de celui d'un autre bateau... Au matin, les yeux et les organismes sont fatigués par cette nuit éprouvante... Nous décidons d'aller faire un tour à terre entre deux grains... Alors que nous sortons de la superette, un grain blanc s'abat sur la baie en contre bas... Soudain, l'ancre de l'un des bateaux décroche et nous observons, impuissants, l'embarcation dériver doucement entre les bateaux... Les occupants réagissent et rétablissent la situation.... J'espère seulement que nous n'allons pas assister à une scène identique pour Iti Manawa, malgré notre nouvelle ancre de 25 kilos... Je m'en veux d'avoir laissé le bateau alors que les conditions étaient aléatoires... Décidément, la vie en mer ces derniers temps est loin d'être paisible et cette précarité permanente face aux éléments commence à nuire sur mon organisme fatigué... J'ai parfois l'impression de me sentir prisonnière et enfermée de notre bateau, qui , paradoxalement à la liberté qu'il nous offre, nous rend parfois esclaves et tributaires des éléments... Le répit est de courte durée en croisière, les nuits et les journées sans vent sont rares et la crainte de perdre tout ce que l'on possède est permanente pour ma part... Nous sommes bien fragiles et peu de choses si les éléments ont décidé de se déchaîner, nos vies peuvent basculer en quelques secondes, le rêve peut alors basculer en cauchemar ! Fort heureusement, ces cas extrêmes sont rares, mais la petite angoisse de ne pas retrouver son bateau ou son annexe en arrivant sur le mouillage est permanente pour ma part ! Les nuits d'une traite sont loin d'être nos lot quotidien : des températures élevées impliquent de laisser les hublots ouverts dans tout le bateau afin d'optimiser la circulation de l'air. Au premier grain (fréquents aux Antilles), malgré notre de taud de pluie qui recouvre le hublot de la cabine avant, il faut se lever pour fermer les hublots du séjour... Au moindre bruit suspect, ou en cas de rafale violente, un tour sur le pont s'impose... Lorsque le vent souffle fort, il hurle dans les haubans, les pales de l'éolienne tournent à plein régime dans un sifflement strident, et l'amarrage sur la chaîne crisse de babord à tribord lorsque le bateau chasse sur son ancre... Sans parler des mouillages rouleurs lorsque la houle devient forte et que le bateau passe d'un bord à l'autre dans une danse effrénée ! Les nuits ''paisibles'' sont donc rares pour ma part, la sécurité et la tranquilité du port sont bien lointaines !

Mon frère également subit ces désagréments inhérents à la vie en bateau, ses nuits ne pas très réparatrices ! Surtout lorsque l'ancre du voisin de devant décroche en pleine nuit et que son bateau vient ricocher sur le notre ! Encore une belle frayeur, sans conséquence heureusement ! Et oui, une nuit, nous sommes réveillés par une corne de brume que nous entendons retentir à quelques mètres de notre bateau ! En passant la tête par le hublot, on s'aperçoit qu'un voilier arrive sur notre coque, qu'un homme prépare des pare batages pour amortir le choc ! L'équipage s'était rendu compte que le bateau dérapait mais impossible de relever l'ancre car en panne de batterie pour démarrer le moteur et le guindeau ! Nous les amarrons à nous, le temps qu'ils réparent leur batterie, ils sont français et viennent de Nîmes. Le problème résolu, ils remouillent devant nous, je passerai la nuit à veiller (encore une!).

Le séjour de mon frère touche à son terme, nous voilà en mer en direction de Saint Vincent... Le vent d' Est/Nord Est souffle à 20 nœuds, les creux sont d'environ deux mètres, nous sortons toutes les voiles, grand voile haute, génois plein... C'est un peu trop à mon goût, nous sommes bringuebalés dans un fracas assourdissant, je panique et j'ordonne à tous de porter le gilet de sauvetage. Nous prenons deux ris afin de calmer le bateau et nous enroulons un bout de génois. Le temps est gris et nous slalomons entre les grains, pour une dernière navigation, elle sera mémorable pour Brice, partagé entre l'envie d'arriver et celle de ne pas repartir vers son quotidien plus ''basique''... Ni espadon, ni dauphin, pas même une tortue sur l'eau ne nous accompagnent pour cette dernière navigation avec mon frèrot !

Soulagés d'enfin jeter l'ancre à Young Island, le temps est toujours aussi maussade et la houle nous roule dans tous les sens, pas terrible pour cette dernière et soirée ensemble ! Cela ne nous empêche pas de savourer un dernier Ti Punch, millésiné celui-ci, accompagné d'un délicieux saucisson !

11 novembre 2015

Nous voilà tous les trois dans un taxi local en direction de l'aéroport... Le trafic est complètement bouché ce matin à 7h30, comme si tout le monde refusait de voir mon frère partir... mais c'était sans compter sur l'aide de notre chauffeur, Charly Tango, qui fera attendre l'avion si nous sommes toujours coincés dans les 30 minutes qui suivent ! Juste à temps, mon frère s'enregistre, un dernier câlin et le voilà qui passe la douane... ça y est, on ne sait pas quand on se reverra désormais... J'ai le cœur gros et je ne peux retenir mon paquet de larmes malgré le réconfort de mon cher Lionel... C'est parfois si dur d'être loin des siens, de ne pas partager un bout de leur quotidien, de ne pas être présent aux fêtes de famille, de les soutenir dans les bons comme dans les mauvais moments, bref, passer du temps avec ceux et celles qui nous ont fait comme on est aujourd'hui, qui nous ont permis et qui nous ont aidé dans l'accomplissement de notre rêve ! Sans leur soutien et leur aide précieuse, leur amour à distance, nous ne serions sans doute pas ici aujourd'hui ! Nous ne les remercierons jamais assez de leur investissement et implication dans notre projet, alors merci à nos chers parents, Jackie et Anita, Guy et Nicole de gérer patiemment tous nos papiers administratifs, courriers, assurance, j'en passe et pas des meilleurs et de nous envoyer tout leur amour par le biais des ondes téléphoniques ou informatiques !

L'heure est au bilan sur cette première année écoulée en bateau... Des aventures et des découvertes incroyables et si enrichissantes, l'apprentissage d'un autre mode de vie, basé sur des plaisirs simples, un vrai retour aux sources de la vie simplement vécue, ponctuée de rencontres formidables et marquantes, autour de moments de partages si conviviaux dont la vie a le secret...

Mais aussi des moments pénibles car soumis aux aléas de la Nature, au cours desquels nous réalisons à quel point nous sommes tributaires des éléments et que notre bateau représente parfois bien peu de choses confrontés à la violence des éléments... Un quotidien parfois pesant par l'intendance que représente le quotidien d'une simple lessive par exemple... Et surtout ce traumatisme lié à mon ressenti sur cette transatlantique qui est toujours bien présent en moi..

Dernière navigation''musclée'' pour Brice ! Un dernier repas avec le frereau ! Les copains de bateau ! L'arrivée d'un ''grain''
Dernière navigation''musclée'' pour Brice ! Un dernier repas avec le frereau ! Les copains de bateau ! L'arrivée d'un ''grain''Dernière navigation''musclée'' pour Brice ! Un dernier repas avec le frereau ! Les copains de bateau ! L'arrivée d'un ''grain''
Dernière navigation''musclée'' pour Brice ! Un dernier repas avec le frereau ! Les copains de bateau ! L'arrivée d'un ''grain''

Dernière navigation''musclée'' pour Brice ! Un dernier repas avec le frereau ! Les copains de bateau ! L'arrivée d'un ''grain''

12 novembre 2012

Nous sommes de retour au mouillage de Bequia pour quelques jours afin de réaliser quelques petits travaux d'entretien sur le bateau, de refaire le plein de fruits et légumes, d'accéder à Internet et de profiter des quelques bars locaux.

Puis nous décidons de retourner à Mayreau, afin de profiter de ce petit havre de paix avant l'arrivée en masse des touristes ! En cours de route, nous pêchons notre premier barracudua que nous dégustons le soir même en cuisson au four en papillote ! C'est encore meilleur quand il s'agit de notre propre pêche ! Nous profitons d'un mouillage quasi désert pour nous ressourcer tranquillement, nous arpentons la baie en palmes masque tuba à la découverte de nouveaux fonds marins...

Puis nous levons l'ancre direction Morpio puis Petit Saint Vincent aux couleurs si chatoyantes. Cette fois, pas de pêche miraculeuse, nos repas commençent à se résumer à des boites et des pâtes, délicieusement entrecoupées des bons petits bocaux de tajine, ratatouille, daube ''made in Nicole''... Hummm, ça sent bon comme à la maison, celle de Pertuis quand maman cuisine... Et nous savourons le mauvais pain local grâce aux derniers de pot de confiture ''made in Anita''...

Soudain, nos familles et nos maisons nous semblent bien lointaines... Le soleil brille dehors de toutes ses forces, mais au fond de nos cœurs, un petit pincement sombre... Voilà bientôt un an qu'Iti Manawa vogue loin de son port d'attache et l'équipage commence à languir (la mousse surtout!!)

Nous mettons à profit ces quelques jours paisibles pour bouquiner, plonger, peindre, bref, savourer la vie simplement en rêvant de notre futur qui se dessine peu à peu...

Mais les boites de conserve commencent à nous lasser, il faut dire qu'en termes d'approvisionnement, les Grenadines c'est vraiment limité et nous n'avions pas prévu de rester si longtemps, nos stocks fondent peu à peu...

Il est temps de songer à rentrer en Martinique afin de réaliser quelques travaux d'entretien avant la venue de nos amis Severine et François et de leurs deux petites filles Pauline et Emilie.

Nous décidons de faire un crochet par l'île de Moustique et les îles désertes de Baliciaux Battowa au large de Bequia. Le vent, plein Est d'une vingtaine de nœuds nous oblige à naviguer au près serré... Le bateau tape dans la houle de l'Atlantique dans une mer hachée et gîte fortement... Le ciel se couvre sombrement, mauvaise augure... Alors que nous sommes sous le vent de Moustique (nous ne nous y arrêterons pas car le mouillage est très cher et qu'à terre, c'est un refuge de stars et de milliardaires loin de l'authenticité que nous recherchons), soudain, un grain court mais violent vient faire lofer le bateau qui se couche sous une bourrasque plus forte que les autres... Rien de grave mais cette sensation fait tout à coup ressurgir ''mon traumatisme'' vécu lors de la Transatlantique lorsque le bateau se fit plaquer par une vague... Je panique remplie d'une peur que je ne parviens pas à maîtriser... Du coup, nous n'essayons même pas d'aller tester le mouillage sur les îles sauvages par peur d'une météo trop aléatoire et d'un abri médiocre...

Remise de mes émotions, j'observe les îles au loin et finalement, je trouve nos calanques bien plus typiques et majestueuses que ces bouts de cailloux qui sortent de l'eau... Ces fameuses calanques qui avaient bien failli nous emprisonner un an auparavant, le jour de notre départ avec des rafales à plus de 45 nœuds contre nous, comme si notre terre natale ne voulait pas nous voir partir...

Soulagée, nous terminons notre séjour à Bequia dans la baie qui se remplit peu à peu d'autres voiliers et surtout d'énormes ferries remplis de touristes... Nous savourons pleinement ces derniers instants en amoureux dans les îles magiques des Grenadines, nous réalisons notre chance en vivant enfin notre rêve tel que je l'avais imaginé, des projets plein la tête pour notre avenir...

Nous guettons une bascule d'Est/Sud Est pour entamer notre remontée vers la Martinique afin de bénéficier d'un vent de travers sans trop de près...

Petit Saint Vincent. Sur la route du retour
Petit Saint Vincent. Sur la route du retour

Petit Saint Vincent. Sur la route du retour

Au petit matin, notre regard se tourne une dernière fois vers ce chapelet d'îles alors que nous rentrons dans le canal entre Bequia et Saint Vincent... Comme toujours, la mer est forte dans ce détroit et le vent souffle à plus de 25 nœuds... Les nuages épais et sombres semblent accrocher à la cime des montagnes de Saint Vincent, on espère qu'ils ne se détachent pas lors de notre passage... Nous naviguons avec deux ris dans la grand voile et le génois enroulé et le bateau file à plus de 8 nœuds... On sera peut être en Martinique avant la nuit... En attendant, nous nous faisons bien chahutés, puis ça s'encalmine un peu alors que nous naviguons sous le vent de Saint Vincent... On aperçoit les grains qui s'abattent sur les reliefs de l'île... Devant nous, de gros cumulus bourgeonnants nous barrent la route et pourtant, il va falloir les affronter... Par chance, ces nuages menaçants nous amènent de la pluie sans vent... Au loin, on commence à distinguer les deux pitons de Sainte Lucie, le ciel semble se dégager là bas... En attendant, des rideaux de pluie se succèdent sur nos têtes (enfin, surtout celle de Lionel) et le bateau slalome entre les bancs de sargasses qui semblent être de retour... On se décide à dérouler nos lignes de traîne et après seulement quelques minutes, une première proie mord à l'hameçon ! Quelle bonne surprise ! Une superbe dorade coryphène au bout de la ligne ! On ralentit le bateau et on remonte la bête, dans la foulée, notre deuxième ligne se tend tout à coup, une deuxième dorade ! On les remonte sur le pont, on les vide et on les met au frigo, demain, on va se régaler !

Nous remontons doucement le long de l'île de Sainte Lucie, nous hésitons à stopper pour la nuit... Le ciel semble plus clément en direction de la Martinique, on décide de continuer jusqu'à Sainte Anne. Le soleil se couche, et nous arrivons dans le dernier canal de l'Antlantique. Le vent tourne et nous nous retrouvons peu à peu au près, dans une mer cassante dans lequel le bateau vient taper inlassablement... Alors que nous arrivons près des côtes martiniquaises, le GPS perd tout à coup le signal... Le problème nous était déjà arrivé en Transatlantique mais pas si près de la terre et surtout dans une zone truffée de hauts fonds ! Voilà donc Lionel armé de son compas de relèvement, de la carte en papier et d'un crayon gris... Il parvient à nous localiser et nous mouillons finalement à Anse Caritan, juste avant Sainte Anne, à la place de Cécile et Bruno qui avaient élu domicile à cet endroit même !

Navigation sous grain ! Lionel et son barracuda ! Lionel et ses deux dorades coryphènes !
Navigation sous grain ! Lionel et son barracuda ! Lionel et ses deux dorades coryphènes !
Navigation sous grain ! Lionel et son barracuda ! Lionel et ses deux dorades coryphènes !

Navigation sous grain ! Lionel et son barracuda ! Lionel et ses deux dorades coryphènes !

C'est avec joie que nous retrouvons nos chers amis Sarah et Alex avec qui nous partageons nos délicieuses dorades, bien entendu accompagnées du traditionnel Ti Punch !

La vie reprend son cours, entrecoupée de rangements, lessives, bricolages, courses, toujours ponctuée d'agréables moments de partages et de nouvelles rencontres avec d'autres ''gens de bateau''.

Sortie pêche avec Sarah et Alex... Et Havane, le chien nageur ! Un thazard, deux carangues, et un saumon des Caraïbes ! Un  régal !
Sortie pêche avec Sarah et Alex... Et Havane, le chien nageur ! Un thazard, deux carangues, et un saumon des Caraïbes ! Un  régal !
Sortie pêche avec Sarah et Alex... Et Havane, le chien nageur ! Un thazard, deux carangues, et un saumon des Caraïbes ! Un  régal !
Sortie pêche avec Sarah et Alex... Et Havane, le chien nageur ! Un thazard, deux carangues, et un saumon des Caraïbes ! Un  régal !

Sortie pêche avec Sarah et Alex... Et Havane, le chien nageur ! Un thazard, deux carangues, et un saumon des Caraïbes ! Un régal !

10 décembre 2015

L'heure est au bilan, voilà un an pile que nous larguions les amarres en direction d'une nouvelle aventure remplie d'émotions, d'aventures, d'adrénaline et surtout, de richesses ''humaines''. Nous sommes conscients que notre départ de Méditerranée était bien trop tardif dans la saison, nous avons eu à affronter les conditions les plus terribles, le ton étant donné avec notre première navigation de Bandol à Marseille à 45 nœuds. Les bulletins météo ''spéciaux'' se sont succédés sans relâche, entravant notre progression. Nous avons persévéré en espérant des jours meilleurs... Mais la mer et le vent sont complices et se révèlent parfois imprévisibles, leur beauté impressionne autant qu'elle inquiète... Nous avons traversé des ports déserts, nous avons connu la solidarité entre marins, nous avons vécu le froid sur l'eau, celui qui te transperce les os, sans perdre de vue notre objectif... Nous avons croisé plus de cargos que de voiliers, nous avons failli terminer derrière les barreaux des prisons espagnoles en refusant de payer notre passage au port, j'ai été recouverte de fiente de mouette mais je suis imparable en manœuvre de port, nous avons observé nos superbes côtes européennes, nous avons savouré Barcelone en famille et Valence en amoureux, nous avons séjourné dans les sangles de la grue du carénage de Tenerife au lieu de grimper en haut du Teide, nous avons réalisé le rêve de nombreux navigateurs, à savoir une Transatlantique et nous avons savouré enfin le Ti Punch face au coucher de soleil antillais tant convoité...

Notre soif de découvertes et de voyages demeure inassouvie car le bateau offre autant de liberté que de contraintes et nous avons cumulé de nombreuses mauvaises expériences depuis l'acquisition de notre navire... Mais cette aventure nous permet d'apprendre à nous connaître soi-même, nous pousse dans nos moindres retranchements, teste nos limites, aussi bien individuelles que dans notre couple, nous offre une autre vie simple où les problèmes quotidiens sont directement liés à la météo ou à la nature. Bref, un retour à une vie hors du temps, une bouffée d'oxygène qui nous a permis également de réaliser quelles étaient nos priorités dans la vie, nos objectifs à atteindre, de constater que Lionel et moi avions toujours les mêmes rêves, que notre amour forme le socle de tout ça.

Ce qui a rendue cette expérience si précieuse et si riche, c'est aussi et surtout les ''rencontres humaines'' que nous avons tissé au fil des escales et du temps... Des personnes que nous n'aurions pas forcément rencontrées dans une vie courante, de tous niveaux sociaux, de toutes les régions du globe, de tous âges, tous styles de vie, bref, une sorte de ''melting-pot'' qui nous a convaincu de l'intérêt de notre projet... Nous avons été confrontés à des humains qui nous ont tous apporté quelque chose, nous avons également réalisé à quel point ce contact avec nos familles et nos amis de longue date était primordial dans nos vies.

Nos racines nous ont appelé à plusieurs reprises, l'odeur de la terre, son contact m'a également cruellement fait défaut, l'absence d'animaux, du cheval en particulier, a contribué à fragiliser un équilibre difficile à atteindre dans ces conditions...

Nous avons également réalisé que la France, cette France qui semble si mal en point, nous a tout de même éduquée, elle nous a offert l'accès à une éducation laïque de qualité, à une culture riche et diversifiée, ouverte sur le monde. Elle nous a permis l'accès à une médecine de pointe dans des conditions d'hygiène et de prise en charge optimale. Alors même si le système semble bancal et voué à l'échec, nous souhaitons faire partie de ceux qui formeront le peuple de demain qui se battront pour défendre leurs intérêts et ceux des autres...

En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
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En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
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En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
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En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
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En bonus, la vie sous marine des Grenadines !
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En bonus, la vie sous marine des Grenadines !

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Le capitaine à l'oeuvre !
Le capitaine à l'oeuvre !

Le capitaine à l'oeuvre !

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Monique et Raymond 26/12/2015 19:32

Merci pour ce moment d'évasion, je vous ai suivi avec plaisir, j'ai ressenti le vent et la houle
les pepins, j'ai eu des envies de langoustes et de promenades sur la plage, merci pour ce récit riche en couleurs et plein de vie et d'action on vit cette aventure à travers votre équipée si fabuleuse, bravo pour votre vitalité et votre courage pour affronter toutes ces aventures, continuez à nous faire voyager une bonne fin d'année et une nouvelle année 2016 qui comble vos souhaits et vous apporte la joie et le bonheur on vous embrasse

Yvon 26/12/2015 15:38

Salut à vous deux,

Toujours aussi beau et bien écrit. On l'attend à chaque fois et quand il arrive sur le blog, aucun moyen d'en décrocher avant d'avoir tout lu et tout vu. Quel beau périple, belles rencontres; même au prix d'un éloignement de la famille c'est une très belle tranche de vie que vous ne regretterez jamais.

Gros bisous.
Yvon

Bernard et Dany 24/12/2015 19:24

Bonjour les amis!
Quel récit formldable et toujours très bien écrit! Cela nous a ramené 25 Ans plus tôt avec des paysages toujours aussi beaux,une eau transparente et riches de langoustes toujours aussi grosses et de poissons variés.Par contre,je n'avais pas de perceuse pour enllever ll'enveloppe verte des noix de coco. Je faisais avec un gros tournevis plat,un marteau et un plnce multiple !!!Déja un an de navigation mais des souvenirs pour une vie et que de belles rencontres avec des marins simples et sincères .Beaucoup d'eau à l'etrave et sur la tête mais heureusement bien neutralisée et il semble même plus par du rhum dans les verres Vous avez bien raison car cela permet d'eviter la ciguatera et autres maladie A ce propos ,il faut mettre un plan de basilic dans le bateau et le remuer de temps en temps pour éloigner les moustiques. Al'époque cela marchait pas trop mal Bon ,on va pas vous retenir plus longtemps Encore une fois,félicitations pour votre courage mais restez bien vigilants envers les élèments et passez de joyeuses fêtes de fin d'année
Grosses bises Dany et Bernard d'Amanita

Lucile & Gérald 22/12/2015 19:10

Quel passionnant carnet de voyage !!!
Un grand merci de nous faire partager tous les moments forts de votre magnifique aventure . Tous nos meilleurs souhaits pour la suite de votre voyage et beaucoup de " ti punch " à déguster entre amis ...!! Grosses bises de nous deux .

Marc 22/12/2015 08:06

Superbe
cela nous rappelle de bons souvenirs partagés avec Thierry M et Jean Paul B
Bon vent et j'espere à bientot ...debut fevrier pour une belle nav dans le lagon
Marc

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